lemonde.fr, le généraliste
Lancé en 1995, lemonde.fr.lemonde.fr se veut un site d'information généraliste. Mais depuis peu, l'interface propose une autre offre : des reportages, des web documentaires exclusivement produits et réservés au net. Ils sont 70 journalistes à le faire vivre et s'organisent en deux équipes. Le desk 1 est dédié aux actualités dites « chaudes » et au fonctionnement des chaînes (économie, par exemple). La deuxième équipe, elle, s'occupe des reportages.
L'opération « Une année en France » a marqué un tournant. Le but : poster sur un blog des reportages de la France « où personne ne va ». Soren Seelow fait partie de ceux qui ont participé à ce projet de grande envergure. « On l'a ouvert l'an dernier. "Une année en France" c'est un spot de reportages. Cinq ou six journalistes y travaillent. Le but c'est de mêler papier et web car la plupart des posts sont repris pour le print » De son expérience, il retient beaucoup de positif, et un vrai goût pour le multimédia. « J'aime particulièrement la vidéo. Pour « Made in France » par exemple, j'allais beaucoup dans les usines. Et je trouve ça particulièrement intéressant de filmer. Il y a un côté visuel que l'article « pur » ne permet pas. »
Désormais, lemondefr, c'est ça. De la vidéo, des photos, et pas seulement de l'actualité chaude. Un concurrent aux chaînes de télévision ? « Non, car chez nous, il n'y pas de voix-off ou de commentaire. Le traitement est totalement différent ».
L'opération « Une année en France » a marqué un tournant. Le but : poster sur un blog des reportages de la France « où personne ne va ». Soren Seelow fait partie de ceux qui ont participé à ce projet de grande envergure. « On l'a ouvert l'an dernier. "Une année en France" c'est un spot de reportages. Cinq ou six journalistes y travaillent. Le but c'est de mêler papier et web car la plupart des posts sont repris pour le print » De son expérience, il retient beaucoup de positif, et un vrai goût pour le multimédia. « J'aime particulièrement la vidéo. Pour « Made in France » par exemple, j'allais beaucoup dans les usines. Et je trouve ça particulièrement intéressant de filmer. Il y a un côté visuel que l'article « pur » ne permet pas. »
Désormais, lemondefr, c'est ça. De la vidéo, des photos, et pas seulement de l'actualité chaude. Un concurrent aux chaînes de télévision ? « Non, car chez nous, il n'y pas de voix-off ou de commentaire. Le traitement est totalement différent ».
Finies les contraintes
En plus des nouveaux formats, tous ceux qu'on peut appeler « journaliste web » le disent : Internet permet aussi de mettre fin à certaines contraintes propres au papier. Soren Seelow, les connaît bien. « Sur Internet, on peut être long, voire très long. En plus, le blog, on peut l'écrire sur place. C'est plus libre. En trois jours en Bourgogne, j'ai pu faire trois reportages. ». Et à vouloir faire long, on risque de faire trop long. « On oublie parfois de raccourcir, le risque c'est de se sentir trop libre. » La place accordée au public change aussi. « On met en oeuvre toute une logique de liens, le lecteur peut vraiment croiser les informations lui-même. Il devient une sorte de « vérificateur. » » Et à ceux qui disent que le lecteur risque de ne pas lire en entier l'article, il répond. « Moi je crois que quand les reportages sont fournis, ils lisent tout en entier. Et puis les gens repèrent un article qui leur plaît et reviennent plus tard dessus si vraiment ils n'ont pas le temps. »
Fabrice Arfi, de Mediapart, apporte un complément : « Internet profite de quelques spécificités qui permettent de propulser l'information dans une sorte de monde en 3D, grâce aux liens hypertexte, à la conjugaison du son, de l'écrit et de la vidéo, du datajournalism ou la possibilité de publier des documents intégralement. L'absence d'espace contraint — contrairement à un journal papier — permet par ailleurs de rentrer plus facilement dans la nuance et la complexité d'un sujet. »
Fabrice Arfi, de Mediapart, apporte un complément : « Internet profite de quelques spécificités qui permettent de propulser l'information dans une sorte de monde en 3D, grâce aux liens hypertexte, à la conjugaison du son, de l'écrit et de la vidéo, du datajournalism ou la possibilité de publier des documents intégralement. L'absence d'espace contraint — contrairement à un journal papier — permet par ailleurs de rentrer plus facilement dans la nuance et la complexité d'un sujet. »
Le financement, le coeur du problème
La vraie difficulté pour se faire une place en ligne ? Le financement. La plupart des sites fonctionnent en bi-médias, le print permettant au web d'exister. C'est le cas du Monde.fr « Le vrai problème c'est qu'on ne vend pas d'articles. ». Seul Mediapart se distingue. Selon Fabrice Arfi, il a choisi « l'enquête et l'indépendance absolue – le capital du journal appartient en majorité à ses fondateurs et aux journalistes et nous ne vivons que de l'abonnement, sans une goutte de publicité. » Le web marque aussi la fin des rubriques. A la différence du format papier, rares sont les rédactions qui s'articulent autour de grandes thématiques. « Il ne faut pas aller vers Internet si on cherche à se spécialiser. » Pour autant, peut-on réellement parler de journalisme web ? Ou n'est-ce qu'une forme de journalisme ? Fabrice Arfi pense « qu'Internet n'est qu'un tuyau. Ce qui compte c'est ce qu'on met dedans. Avec des bonnes informations, recoupées, contextualisées, documentées, hiérarchisées, assumées, vous faites, comme avec n'importe quel tuyau, du bon journalisme. L'essentiel est le journalisme que vous défendez et le modèle économique pour le supporter.»


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Place Gre'Net, un "Mediapart" à Grenoble







