La parole aux recruteurs


Natacha Milleret et Nicolas Bégasse
Mardi 1 Décembre 2009

Les rédacteurs en chef et responsables des ressources humaines de plusieurs titres de presse, papier ou en ligne, offrent leur point de vue sur le phénomène de "marque" Internet.


Benoît Raphaël, rédacteur en chef du Post

La parole aux recruteurs
Quand vous recrutez un journaliste, est-ce que vous vous intéressez à sa « marque » ?
Oui, de plus en plus mais ce n’est pas le seul critère. J’ai rencontré un journaliste parce qu’effectivement il avait un blog et que j’ai aimé sa personnalité. C’est vrai qu’aujourd’hui il y a une tendance à jouer sur le personal branding avec des journalistes de plus en plus spécialisés. Ça peut aider mais ça ne fait pas tout.

Êtes-vous sensible à la présence d'une activité sur Internet dans votre choix ?
C’est certain que cela constitue un véritable atout. Le problème du multimédia c’est que ce n’est pas un média qui s’apprend à l’école. Ce qui s’apprend dans les écoles de journalisme ne servira pas vraiment. Le plus important pour un candidat c’est de comprendre comment ça marche. Ce qui m’intéresse, c’est de voir que la personne que j’ai en face de moi met les mains dans le cambouis et de sentir qu’elle aime le web quand elle en parle.

Est-ce qu’une absence de blog peut pénaliser un candidat ?
Le personal branding est vraiment intéressant pour un média pure player comme le nôtre. Si le candidat n’a pas de blog , je vais le questionner sur Twitter, afin de savoir ce qu’il en pense. Le but c’est qu’il ait un avis et qu’il fasse preuve d’agilité numérique, qu’il me montre une activité numérique. Si, sur Twitter, il a 40 followers et 3 following ça n’a pas d’intérêt.

Pascal Riché, rédacteur en chef de Rue89

La parole aux recruteurs
Quand vous recrutez un journaliste, est-ce que vous vous intéressez à sa « marque » ?
Oui, j’y suis légèrement sensible mais ce n’est pas ce qui attire mon œil vers le travail des journalistes.

Êtes-vous sensible à la présence d'une activité sur Internet dans votre choix ?
Je pense que si on embauchait on serait plus attentif aux blogs des candidats. En tout cas dans notre petite équipe, on n'a embauché personne de cette façon.

Est-ce qu’une absence de blog peut pénaliser un candidat ?

Ne pas avoir de blog n’est pas rédhibitoire mais c’est vrai qu’aujourd’hui c’est un plus. Le blog est une carte de visite. Il permet de nous montrer que le candidat maîtrise l’outil et les codes d’internet. S’il sait mettre des sons par exemple mon appréciation sera d’autant plus favorable. Parmi les stagiaires cela se vérifie. Ceux qui ont une expérience du blog ont un avantage énorme sur les autres.

Florence Loisseau, responsable ressources humaines au Parisien

La parole aux recruteurs
Quand vous recrutez un journaliste, est-ce que vous vous intéressez à sa « marque » ?
Non pas du tout. Ici on fonctionne plutôt à l’ancienne.

Êtes-vous sensible à la présence d'une activité sur Internet dans votre choix ?
Oui, ça a quand même son importance car cela fait partie du métier de maîtriser ce genre d’outil. Mais en principe chez nous ils sont déjà sensibilisés à ce genre de choses.

Est-ce qu’une absence de blog peut pénaliser un candidat ?

Ici on a la chance d’avoir beaucoup de candidatures spontanées. Alors on ne va pas s’amuser à regarder les blogs à droite à gauche. On a suffisamment de matière pour prendre réellement en compte le blog. Pour les CDD on fait appel aux anciens, aux personnes que l’on connaît. Ce n’est pas un blog qui va nous donner les qualités d’une personne mais l’expérience de cette personne au Parisien.

Olivier Costemalle, rédacteur en chef adjoint de liberation.fr

La parole aux recruteurs
Quand vous recrutez un journaliste, est-ce que vous vous intéressez à sa « marque » ?
Bien sûr, pour nous c'est clairement un plus, quelqu'un qui tient un blog, qui est branché sur Twitter, actif sur les réseaux sociaux. C'est quelqu'un qui connaît les codes internet, ça plaît aux internautes.

Êtes-vous sensible à la présence d'une activité sur Internet dans votre choix ?
Ce que je regarde, c'est d'où vient le candidat, quelle école il a faite. S'il ne vient pas d'une école je ne l'écarte pas systématiquement, surtout s'il connaît bien Internet : il compense l'absence d'une formation classique. J'ai en tête l'exemple du CV d'une jeune femme qui met en avant non pas son école, mais son blog. Ça m'a tapé dans l'œil, surtout que j'ai vu qu'elle était sur Twitter. C'est quelque chose de très positif.

Est-ce qu’une absence de blog peut pénaliser un candidat ?
Ça pourrait desservir le candidat, mais en réalité la majorité n'ont pas de « marque » Internet. Même si ça commence un peu à bouger.

Jacques Bel, directeur adjoint des ressources humaines à l'Express

La parole aux recruteurs
Quand vous recrutez un journaliste, est-ce que vous vous intéressez à sa « marque » ?
Oui, car les recrutements sont quasiment inexistants pour les débutants ailleurs que pour les rédactions web de nos titres. De plus, le recrutement est collégial, il y a forcément quelqu'un qui va examiner la candidature sous cet angle-là.

Êtes-vous sensible à la présence d'une activité sur Internet dans votre choix ?
Oui, on veille à ce qu'ils aient une empreinte Internet. Je vais voir sur les réseaux sociaux ou sur Twitter : il faut des gens très geeks.

Est-ce qu’une absence de blog peut pénaliser un candidat ?
S'ils n'ont pas de présence en ligne, en fait, il y a assez peu de chances qu'une candidature arrive jusqu'à moi.


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