Visite guidée de l'Internet chinoisVincent Bissonnet
Lundi 4 Février 2008
Amélie Ren, étudiante chinoise à Grenoble, dresse un portrait de la liberté d'opinion et de navigation sur la Toile chinoise.
Wikipedia. L'encyclopédie multilingue, universelle, librement diffusable a été rendue accessible en Chine juste avant les Jeux olympiques organisés en août. Effet JO ou prise de conscience du gouvernement ? Wikipedia fournit dorénavant aux écoliers chinois une riche base de recherche et une ouverture sur des sujets internationaux.
Les manifestations de Tien an Men. En allant sur google et en tapant Tien an Men, le moteur de recherche nous conduit à des articles sur Wikipedia et vers des milliers de liens. « Dans les livres d'histoire, on ne trouve que très peu de phrases de ce que l'on appelle "l'affaire du 4 mai 1989". L'année dernière je n'aurai rien trouvé sur Internet sur le sujet », confie Amélie Ren, étudiante chinoise en journalisme, arrivée à Grenoble en septembre. Et dans la rubrique images, Google.cn nous propose un panel d'images très complets sur les émeutes. Youtube. Le site de partage de vidéos en ligne est régulièrement bloqué en Chine. Mais pour Amélie Ren, le gouvernement chinois censure Youtube afin de protéger la jeunesse des contenus subversifs. «C'est à cause des vidéos où l'on voit des photos de stars chinoises nues. Une étude a montré que 50 % des écoliers de Hong Kong avait vu ces photos. »
Les forums. « Il y a de plus en plus d'internautes et de plus en plus de forums, explique Amélie. On peut presque dire tout ce que l'on veut. Avec mes amies, nous nous moquons souvent du président Hu Jintao. Nous avons notamment commenté une photo où nous le voyons en train de regarder fixement une jeune fille qui vient lui servir du thé lors d'une conférence. En Chine, nous n'avons pas Facebook mais un site similaire pour les étudiants où nous discutons beaucoup de politiques. »
Les blogs. « Une de mes amies qui habite aux États-Unis m'a appelé pour me demander d'aller voir son blog. Elle avait critiqué le gouvernement et voulait savoir si sa page avait été harmonisée (autrement dit, supprimée). Mais en fait, rien n'avait été changé. En Chine, certains étudiants disent que cela leur est déjà arrivé mais nous ne sommes sûr de rien. » Tibet et Taïwan. « Si on supporte le Tibet ou Taïwan, on se trouve contre la loi.» D'après Amélie Ren, « ce sont les deux sujets sensibles » sur la toile chinoise. Les contenus considérés comme hors-la-loi sur l'indépendance de ces deux entités sont étroitement surveillés et nettoyés par les instances de contrôle du gouvernement. Côté information, le niveau de filtrage est également relevé : on ne trouve pas sur le web chinois des articles assimilant ces provinces à des pays.
Quelques liens
Xinhua, l'agence de presse officielle chinoise, a sa version française : « les nouvelles à travers la Chine et le monde ». Le Quotidien du peuple, un des principaux journaux chinois, est l 'organe de presse officiel du Comité central du Parti communiste chinois. CCTV, la « télévision centrale de chine », est le réseau principal de télévision publique de la Chine populaire. Lu 857 fois
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