Villeneuve 5/5, les petits moyens d’une grande réussite


Sorlin Chanel
Jeudi 19 Janvier 2012

Successivement publié sur LeMonde.fr et lauréat 2011 du Prix Google de l’innovation en journalisme, Villeneuve 5/5 est un webdossier alliant textes, photographies, sons et vidéos pour une plongée au cœur du quartier grenoblois de la Villeneuve. Réalisé dans le cadre de la deuxième année de master par des étudiants de l’Ecole de journalisme de Grenoble (EJDG), il symbolise les perspectives qu'offre le webdocumentaire à qui sait en user. Retour sur les coulisses de cette entreprise.


Villeneuve 5/5, les petits moyens d’une grande réussite
« J’ai finalisé le site depuis la ferme de mes voisins, en Bretagne, avec une connexion wifi pour le moins déliquescente. » L’aveu est signé Florent Bourchardeau, le coordinateur du projet. Nous sommes en juillet 2011 et le webdocumentaire Villeneuve 5/5 est bouclé après sept mois de travail intensif, parfois à la limite même de l’artisanat. «  Ce n’est pas la seule chose qui a été réalisée à l’arrache. Par exemple, la création perlée de la plateforme, qui s’est principalement faite depuis des cafés lyonnais et grenoblois dotés d’une connexion wifi. On a su profiter d’internet et de ses multiples possibilités », estime-t-il.

Le webdocumentaire pour leitmotiv

« La création de Villeneuve 5/5 s’est faite en deux temps. Au départ, lorsque l’EJDG a lancé le projet en octobre 2010, nous étions 22 étudiants concernés et l’on semblait se diriger vers une production papier. Puis, en janvier 2011, une nouvelle version du projet a été mise en place et neuf d’entre nous se sont investis dans cette entreprise. »
Les contours de cette nouvelle version sont ainsi pensés et redessinés pour le web. « On a pris le temps de repenser l’aspect formel de la production multimédia et on a bifurqué vers un format adapté au web pour lequel l’emploi de logiciels tels que Wix et Vuvox s’est avéré crucial. Nous n’y connaissions rien en matière de webdocumentaire et nous nous sommes donc plongés dans l’apprentissage de ces logiciels et de l’usage qu’on pouvait justement en faire pour notre propre production. » D’observateurs à pratiquants de ce format, il n’y a qu’un pas que les étudiants franchissent allègrement. « Thanatorama, Voyage au bout du charbon, Prison Valley pour ne citer qu’eux. Nous avons puisé les références là où elles se trouvaient et très vite notre intérêt pour le webdoc a dépassé le cadre du simple ressenti. Pour construire à notre tour notre propre édifice. »

120 000 pages visionnées depuis la mise en ligne

La cellule design au grand complet (Crédit photo : Yoann Etienne)
La cellule design au grand complet (Crédit photo : Yoann Etienne)
Quant à la question des moyens consacrés à Villeneuve 5/5, Florent Bouchardeau la balaie d’un revers de main. « Nous n’avions pas les moyens de faire appel à des graphistes, designers et autre webmasters. Donc la question ne se posait pas. Et puis, internet offre de multiples potentialités. Ce webdocumentaire en est la preuve vivante. » La preuve également qu’une production multimédia aux moyens modestes peut susciter l’engouement. Au 13 janvier 2011, les statistiques font ainsi état de près de 20 000 visites provenant de 138 pays différents. Autres chiffres marquants : 17 000 visiteurs uniques recensés pour l’heure et surtout plus de 120 000 pages visionnées depuis la mise en ligne du webdocumentaire le 1er décembre 2011. A l’échelle hexagonale, c’est en Île-de-France (6400 visites) et en Rhône-Alpes (4519 visites) majoritairement que Villeneuve 5/5 éveille l’intérêt. Enfin, sans surprise, plus de 3000 de ces visites rhônalpines concernent des internautes grenoblois. Cerise sur le gâteau, le Prix Google 2011 de l’innovation en journalisme, qui sera remis à l’équipe de Villeneuve 5/5 le lendemain de sa publication sur LeMonde.fr.

Qu’en pensent par ailleurs les premiers intéressés ? « Les premiers retours sont très bons. Nombre d’habitants du quartier apparaissant dans le récit multimédia nous ont contactés pour nous féliciter voire se servir de Villeneuve 5/5 », relève-t-il.  « Pour certains, nous avons gardé contact avec ces personnes. La force de cette production, cela restera de toute façon le contact humain. Et puis le temps que nous avons pu y consacrer. Aujourd’hui, en tant que journaliste, prendre le temps est un luxe. »

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