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VBS : un certain regard sur le mondeAdeline Collet
Jeudi 15 Mai 2008
Il y a un an, le magazine Vice lançait une version vidéo sur le net : VBS.tv. Une web télé volontairement trash et décalée, à l’image du magazine papier. Parrainé par le réalisateur Spike Jonze, VBS.tv s’éloigne du traitement médiatique habituel et prône une couverture alternative de l’information.
« On essaie juste de faire ouvrir les yeux à nos internautes » explique VBS pour parler de sa "mission " sur son site internet. Une lourde tâche pour cette jeune web télé qui propose des reportages locaux et internationaux, sur des sujets aussi variés que le trafic de drogue en Bolivie, les camps de déplacés au Soudan, la situation de la Nouvelle Orléans un an après l'ouragan Katrina en passant par la Corée du Nord. Le point commun entre tous ces sujets : une couverture à contre-courant de l'actualité, loin de ce qui se fait dans les médias traditionnels.
« Nous n'avons pas peur d'avoir un point de vue. On n'est pas dans l'idée d'être objectif en permanence, et, justement cette liberté nous permet d'être plus rigoureux et sincères », analyse les créateurs de la chaîne. « De l’information en filigrane »
VBS, c'est des journalistes et un important réseau de jeunes correspondants, partout dans le monde. Malgré ce que l'on pourrait croire en voyant certains reportages, « le contenu de la télé est entièrement professionnel, les internautes ne peuvent pas soumettre de contenus », ajoute la chaîne.
Toutefois, il n'y a pas que des journalistes. VBS emploie aussi des éditeurs, des producteurs et des réalisateurs. En effet, le réalisateur Spike Jonze (réalisateur entre autres de « Dans la peau de John Malkovitch ») collabore avec la webtélé. Un mélange entre cinéma et journalisme qui n'effraie pas les concepteurs du site : « A la base, nous ne nous destinions pas à faire des reportages d'actualité, puis nous nous sommes rendus compte qu'il existait une vraie demande de la part des internautes pour avoir ce même traitement pour les news. Et puis, lorsque l'on regarde certains reportages qui n'ont semble-t-il aucun rapport à l'actualité, on se rend compte qu'il y a de l'information en filigrane ». Une contre-culture à inventer
La contre-culture ne serait pas la bienvenue aux Etats-Unis. Un constat admis par Shane Smith, co-fondateur de VBS : « L'idée de créer VBS est venue d'une insatisfaction envers la société de loisirs et des grands médias. Nous voulions créer un média qui nous ressemble plus ».
Et pour arriver à coller au plus près des attentes des jeunes, VBS a adopté le même ton que son aîné papier : le journalisme gonzo. Cette forme très particulière du journalisme s'appuie sur une vision ultra-subjective de l'info, où l'implication du journaliste est essentielle. Le gonzo privilégie le récit personnel et l'anecdote aux discours formels. Alors VBS, totalement gonzo ou non ? « Nous partageons certains éléments avec le journalisme gonzo. Nos reportages adoptent souvent un ton cru et incisif. Pourtant, dire que nos informations sont uniquement gonzo seraient réducteurs. Quand on part sur un sujet, on ne part pas avec une idée préconçue de comment présenter le sujet. Sur le terrain, tout se passe assez organiquement et les opinions personnelles deviennent inévitables dans de telles situations », poursuit la chaîne.
La petite chaîne qui monte
VBS joue à la fois dans la cour de l'info et dans celle du cinéma. Ainsi, le reportage Heavy Metal in Baghdad, consacré au seul groupe de heavy métal de la capitale irakienne a été séléctionné au festival international du film de Toronto en 2007 et sera présenté à la Berlinale en 2008. Une belle récompense pour les reporters qui verront leur film sortir dans les salles cet été.
Vidéo du reportage Toxic Alberta
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