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StreetReporters : le « journal de notre génération »Adeline Collet
Mardi 19 Février 2008
« Tu es jeune, tu as entre 20 et 25 ans et tu es passionné par l’info : StreetReporters est fait pour toi ». Voilà le slogan que pourrait afficher le site Streetreporters sur sa page d'accueil. Ce site participatif, regroupant journalistes et amateurs, se veut « Le » site d’info destiné aux jeunes. Un ton vivant et des sujets originaux font de StreetReporters un média alternatif hors norme sur la toile.Une « école de journalisme un peu particulière »
Il y a quelques années encore, Johan Weisz étudiait à l'ESSEC, prestigieuse école de commerce. Grand bien lui a pris de s'éloigner du business. Le 14 juillet dernier, le jeune homme décide de lancer un site d'information avec son camarade Bernard Abouaf, et moins de 20 000 euros. Streetreporters voit le jour.
StreetReporters, c'est avant tout une cible bien précise : les 20-25 ans. Pourquoi avoir voulu cibler les jeunes, en particulier? Selon Johan Weisz : « On a voulu faire un site qui nous parle, donc un site qui parle aux jeunes, puisque nous le sommes ! On a repris les codes des jeunes et, internet est le média des jeunes ». Logique, en somme d'avoir choisi le net. L'idée était aussi de faire participer tout le monde. Ici, ceux qui s'inscrivent, amateurs comme journalistes chevronnés, peuvent proposer des sujets et les réaliser. Mais attention, les amateurs ne sont pas envoyés sur un sujet, sans repères. Pour les aider, il existe une rédaction. Le concept : quelques journalistes expérimentés formant la rédaction donnent des conseils aux novices : comment trouver un angle ? Comment réaliser un reportage télé ? Comment monter un son ? Ne pas donner son avis, etc. « Une école du journalisme en quelque sorte », pour son créateur. Un site où les plus expérimentés aiguillent les plus jeunes, et ces derniers apportent un regard neuf sur l'actualité. Tout le monde y trouve son compte. Aujourd'hui, après plus de six mois d'existence, StreetReporters, c'est une rédaction de 5 personnes (pas seulement des journalistes, également des monteurs, cadreurs, ou encore des techniciens), plus de 60 reporters ayant collaboré au site et, 3.000 à 5.000 visiteurs uniques par jour. « TF1, c’est fini, l’info c’est vous qui la faîtes ! »
La véritable valeur ajoutée de StreetReporters : le décalage, l'originalité. Les sujets proposés se veulent décalés et, plus ou moins éloignés des grands titres de l'actualité. C'est en tous cas l'objectif affiché par Johan Weisz :
« On n'a pas vraiment de ligne éditoriale. Simplement, on ne donne pas notre avis ou notre position politique. Ce que l'on recherche, c'est des infos qui soient vraiment différentes. Dans une société où il y a de l'info partout, on retrouve partout les même sujets, traités sur le même ton. On essaie d'avoir le plus possible de recul par rapport à l'information d'agence. Les journalistes ont les mêmes infos parce qu'ils sont connectés aux mêmes fils d'info. A partir de là, les informations sont toujours les mêmes, partout. » Et pour trouver des infos vraiment différentes, il n'y a pas plusieurs chemins. Comme son nom l'indique, la culture de StreetReporters, c'est la rue. Le moins possible du travail de desk et le plus souvent, du terrain. Les sujets ont lieu dans la rue, les gens sont dans la rue, alors allons-les chercher. Pour son créateur, aller sur le terrain est l'essence même du journalisme. Descendre dans la rue pour un journaliste est une nécessité. D'ailleurs, selon le « street reporter », la crise de confiance envers les médias provient de l'enfermement des journalistes. Et, travailler avec des jeunes, journalistes et non-journalistes signifie aussi ne pas être formatés. « En vieillissant, on pose moins de questions, on cherche moins les problèmes. Alors que les jeunes osent plus ». « Va sur le terrain avec ta cam et trouve un sujet »
Concrètement, qu'est-ce que l'on trouve dans StreetReporters ?
On l'a compris, Streetreporters est fait par des jeunes pour les jeunes. On y retrouve donc les problèmes ou les sujets qui les concerne. Des sujets diverses et variés, où l'on passe d'un article sur un SDF candidat aux élections municipales dans le VIe arrondissement de Paris, à un point sur l'affaire de l'Arche de Zoé ou bien encore, un autre sur Clara Morgane. Ce dernier pourrait paraître racoleur mais le fond est sérieux. Le journaliste s'est intéressé à la crédibilité en tant que chanteuse de l'ancienne actrice porno, avec, cerise sur le gâteau, l'avis d'un expert, le journaliste musical Benoît Sabatier, de Technikart. StreetReporters n'est donc pas seulement un site ouvert aux amateurs. Les journalistes ne rigolent d'ailleurs pas avec la rigueur. La rédaction a instauré la règle du « fact checking », un terme compliqué pour dire la vérification systématique des faits : « On reprend tous les papiers. A chaque propos, on vérifie les infos avec les personnes interrogées. On regarde ensemble pour voir si les citations sont exactes. C'est une méthode qui est très peu utilisée en France, mais qui est très répandue dans le journalisme anglo-saxon puisque les non-journalistes y sont très nombreux. » Un moyen pour les journalistes de StreetReporters d'anticiper les erreurs ou les reproches sur la déontologie. De nouveaux projets
La version actuelle du site en est encore à sa version bêta. Dans quelques semaines, une nouvelle version, plus aboutie devrait arriver sur la toile. La publicité fera également son arrivée. Une nécessité pour le site qui, pour le moment, n'a pas les moyens de rémunérer ses journalistes. Avec la nouvelle version, Johan Weisz espère augmenter encore le réseau des Streetreporters :
« Pour le moment, on lance entre 2 et 3 sujets par jour. On voudrait rapidement passer à 8 ou 10 sujets par jour. Mais pour ça, il nous faut « recruter » de nouveaux StreetReporters. » Avis aux amateurs. Lu 1908 fois
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