Stras TV : l'hyperlocal de qualité professionnelle


Alice Dumas
Mercredi 17 Novembre 2010

Aux Assises du journalisme, on parle avec ceux qui font bouger le journalisme et des modèles économiques qui accompagnent ces changements. Mercredi matin, sept « journalistes-entrepreneurs » ont partagé leur expérience particulière. Celle de la création d’un média. Coté web, on a brossé le portrait de trois sites et de leur créateur, dont Stras TV, la première web télé strasbourgeoise.


Stras TV :  l'hyperlocal de qualité professionnelle
Son créateur Joseph Pasquier, a plus d’une caméra dans son sac. Pigiste pour TF1, LCI et iTélé, il lance en août 2008, le projet Stras TV. L’idée c’est de faire une chaîne jeune, innovante, avec des produits vidéo attrayants au niveau local. « Mais autour de moi, je me suis rendu compte que les habitudes des gens  avaient changé. Le matin au lieu d’allumer la télé, ils ouvrent leur ordinateur pour faire le tour des médias qu’ils connaissent ou des thèmes qui les intéressent », explique-t-il. A partir de là et avec son savoir-faire de JRI, il a eu l’idée de cette plateforme en ligne pour produire du contenu sur la ville. Pour lui, « grâce au support web, on peut traiter de l’actu fraîche et librement. Le support impose moins de contraintes. Les formes ne sont pas fixes, elles évoluent en fonction du sujet, pour s’adapter à ce dont on parle ». L’ambition est simple : « Trouver une place dans le circuit habituel d’un Strasbourgeois sur le net ».

Stras TV :  l'hyperlocal de qualité professionnelle

En chiffre, Stras TV, c’est en moyenne 2'500 visites par jour sur le site, auxquelles il faut ajouter les consultations sur Dailymotion : environ 4'000 par jour. « Lorsque l’actu locale est reprise au niveau national, ou que la web TV réussit à faire le buzz, il peut y avoir jusqu’à 25'000 visiteurs par jour ». Même si c’est rare, ça compte pour Joseph Pasquier. C’est arrivé il n’y a pas très longtemps d’ailleurs, avec les paroles assassines de Pflimlin au sujet de Médiapart. C’était à Strasbourg, il était sur l’événement et les images reprises par les divers sites d’informations sont signées Stras TV.com. En plus il pige toujours pour des grandes chaînes privées. Alors quand on lui demande ce qu’en pensent ses supérieurs de TF1 par exemple, il affirme n’avoir reçu que des encouragements : « Stras TV fournit une veille informationnelle, 24h sur 24. Si j’ai une info, il l’auront aussi. » Cette collaboration, c’est du gagnant gagnant finalement. Et son expérience « news » est un plus, selon lui « pour fournir un travail de professionnel. C’est aussi pour ça que cinq personnes travaillent avec moi à la rédaction. J’ai voulu mettre tout de suite les moyens pour avoir du contenu de qualité.  »

Reste à savoir comment on finance une plateforme comme celle-ci, avec de nouveaux sujets tous les jours, un matériel technologique onéreux, à renouveler régulièrement, ainsi qu’une équipe de cinq personnes. Avec la publicité d’abord, puisque les visiteurs du site sont hyperlocalisés et donc sont une cible facilement identifiable pour les annonceurs locaux. Les financements ensuite sont diversifiés, avec les compétences de production de l’équipe, qui sont une source de revenus non négligeable. Avec, également, des résumés de rencontres sportives, payés par le sponsor des clubs. Mais aussi avec des aides, dont la web TV peut bénéficier puisqu’elle a pour l’instant le statut d’association.

Stras TV.com n’est donc pas à proprement parlé une entreprise médiatique, mais dans l’avenir, elle compte bien se faire reconnaître comme une société de presse en ligne. Elle pourrait ainsi obtenir des aides d’Etats. 


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