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Sortie de l’hebdo papier de RueFrontenac : « Je ne pense pas qu’Internet va tuer le papier »Florent Bouchardeau
Jeudi 28 Octobre 2010
Richard Bousquet est coordinateur et responsable de la stratégie du site d’information RueFrontenac.com. Ce site généraliste québécois est le fruit du travail des 253 journalistes « lock-outés » du Journal de Montréal. Après un an et demi de succès forcé sur le web, ils sortent le 28 octobre un hebdomadaire gratuit dans la grande région de Montréal. 75 000 exemplaires pour une expérience unique du journalisme.
Lock-out : refus d’un employeur de fournir du travail à ses salariés dans le but de les contraindre à accepter ses offres. C’est un moyen très violent pour « casser une grève ». Courant au Canada, interdit en France.
L’actualité du lock-out du Journal de Montréal: le 12 octobre dernier, les 253 employés en lock-out ont rejeté à 89,3 % des propositions patronales jugées « inacceptables ». Elles prévoyaient notamment la suppression de 4 emplois sur 5 et la suspension de RueFrontenac.com. Pourquoi lancer un hebdo papier alors que vous vous êtes établis sur le web depuis peu ?
Notre passage au web a surtout été influencé par la liberté que nous avons retrouvée et que nous n’avions pas au Journal de Montréal. C’est cette liberté qui nous a permis de pousser le journalisme dans le bon sens. On a aussi dû s’approprier ce médium, gérer l’interactivité avec les photographes et les infographes. Avant, au Journal de Montréal, on faisait notre article et on demandait au photographe « prends une photo là, prends en une ici » . Aujourd’hui, on conçoit le reportage avant de se lancer, en équipe. On a mis du temps à apprivoiser cette méthode.
Vous êtes sûrement le seul site d’info au monde issu du papier à revenir sur ce support. Pour vous, la presse écrite a encore un avenir ? En 21 mois, vous avez créé un site web d’information et un hebdomadaire. Ce lock-out ne serait-il pas un mal pour un bien ?
La presse n’est pas en crise économique à Montréal. Tous les quotidiens gagnent de l’argent, au début du lock-out, Le Journal de Montréal faisait 25% de profit. Donc il n’y a pas de crise du lectorat, comme en France par exemple. Avant, pour trouver de la publicité, il fallait juste décrocher son téléphone. Maintenant ce n’est plus l’âge d’or, mais la publicité se vend encore bien. Cependant, c’est vrai qu’il y a une mutation qui crée des remous. Riche de votre expérience, comment voyez-vous l’avenir du journalisme ? C’est-à-dire entre ce que vous faites et ce que fait Le Journal de Montréal… Je te laisse tirer les conclusions. Mais quand un journal devient seulement un journal que tu feuillettes, au contenu aligné idéologiquement, c’est plus de la presse à scandale que de la presse d’intérêt public. Ruefrontenac hebdo en quelques chiffres : Jour de diffusion : le jeudi, première le 28 octobre Nombre d’exemplaires : 75 000 Distribution : 1400 présentoirs disposés dans la grande région de Montréal Publicité : objectif à terme : 25% de la surface du journal
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