« Peu de Google et beaucoup d’expériences sur le terrain »


Andreia Anghel
Mercredi 2 Janvier 2008

Interview de Gina Zgubea, journaliste pour Metropotam, site d’informations sur la vie culturelle de Bucarest (Roumanie). Y sont proposés des articles sur les événements culturels, des critiques, et des informations plus pratiques à travers notamment un agenda culturel.


« Peu de Google et beaucoup d’expériences sur le terrain »
Depuis quand travaillez-vous pour le site Metropotam ?
J'ai commencé au Metropotam comme collaboratrice entre juillet et septembre 2006. Depuis, j'y travaille à mi-temps.

Combien des personnes travaillent dans la rédaction?
Nous sommes 4 journalistes : 2 à plein temps, 2 à mi-temps et 6 pigistes.

Quel est votre rôle au sein de la rédaction?
Je m'occupe de la rédaction des articles, réalise des reportages. J'aide également à l'organisation des événements (des concours, des soirées, etc.) que nous proposons ou auxquels nous collaborons.

D'après vous, quelles sont les différences entre le travail pour un journal papier et un site d'informations ?
L'environnement en ligne me parait plus ouvert que le off line et laisse part à une plus grande subjectivité sous la couverture de l'anonymat. On peut être plus acide, mais aussi plus honnête à mon avis. D'un autre côté je n'ai pas les mêmes privilèges qu'une personne qui travaille pour la presse écrite parce qu'on n'appartient pas à un groupe médiatique et on ne reçoit donc pas la même reconnaissance.
Il est difficile d'expliquer systématiquement quel est le statut du magazine en ligne et pourquoi nous n'avons pas de version papier. Même si aujourd'hui, on est plus connu et qu'il est plus facile de se présenter comme journaliste pour Metropotam.

Quelle est l'atmosphère au sein de la rédaction ?
Nous sommes tous jeunes, enthousiastes, au début de notre carrière et nous avons tous envie d'explorer le milieu de la presse en ligne. Dans deux jours, nous partons tous pour un séminaire (« team building »). C'est une organisation collective que beaucoup aimeraient avoir. C'est la raison pour laquelle j'ai quitté mon ancien emploi.

Travaillez-vous sur le terrain, ou êtes-vous toujours au Desk ?
C'est plutôt un travail de terrain : je fais des chroniques pour des restaurants, pour des bars et des clubs, parfois des critiques de films ou d'expositions. J'écris également plus spécifiquement pour la rubrique « mode » du site et réalise des interviews. En bref, peu de Google et beaucoup d'expériences sur le terrain.

Quels sont d'après vous les avantages et les désavantages du journalisme web ?
Le journaliste web n'a sans doute pas le même pouvoir que celui de la presse papier. Parfois, les gens pensent qu'écrire pour un site, ça relève plus du divertissement que du « vrai » journalisme.
Un autre inconvénient est que beaucoup de journalistes web cessent le travail sur le terrain, ne font pas un vrai travail de recherche d'informations ou ne réalisent pas d'interviews qui leur permettraient de mieux comprendre un sujet. Enfin, avec le web, on perd le contrôle sur l'information : une fois publiée, elle circule… et souvent sur des blogs, sans mention de l'auteur ou de la source, ce qui contribue à une perte de l'identité de l'information.
L'avantage est clair : le journaliste est plus libre est peut davantage expérimenter. L'importance du feedback est vitale. Quelques minutes après la mise en ligne d'un article, on reçoit des commentaires, en bien ou en mal. Ça nous oblige à bien vérifier les informations que l'on publie. En presse écrite, le feedback est plus difficile à obtenir ou est trop tardif.
Mais de manière générale, si on veut être lu, il faut savoir garder mesure.

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