« Parce que la vie est trop longue pour ne pas perdre son temps »


Virginie Bouchard
Vendredi 11 Février 2011

« Parce que la vie est trop longue pour ne pas perdre son temps », qui trône en Une de son site, n’est pas un adage que Nicolas Langelier applique. Loin de se contenter de sa carrière de chroniqueur à la Presse et à Radio-Canada pour mener sa vie, il a décidé d’en faire davantage. Il a voulu faire du journalisme différemment et c’est comme cela qu’est né P45, site web consacré aux médias et aux nouvelles tendances sociales tout en y ajoutant son grain de sel mais surtout de poivre. Comment cette idée lui est-elle venue et que pense-t-il de l’avenir des médias traditionnels?


« Parce que la vie est trop longue pour ne pas perdre son temps »
Bien avant que les fermetures ne menacent les journaux, bien avant que les salles de nouvelles ne soient réduites au minimum, Nicolas Langelier s’intéressait à d’autres façons de produire et véhiculer de l’information. Le désir de faire quelque chose d’original bouillonnait en lui : « Je voulais explorer de nouvelles avenues, apporter un éclairage nouveau sur l’information ». C’est alors qu’il crée, en 2000, P45, un site participatif axé sur les enjeux de société, de la montée de l'Action Démocratique du Québec  - parti politique nationaliste et autonomiste - au rock alternatif en passant par le bonheur et les années 90. Tout cela traité de façon décalée, artistique, impertinente. 

P45

Le nom P45 réfère au formulaire gouvernemental de remboursement de taxes remis en Angleterre et en Irlande à un employé quittant son emploi. Nicolas Langelier a passé un certain temps en Angleterre, d'où le nom de son site web.

Source: Wikipédia

« Parce que la vie est trop longue pour ne pas perdre son temps »
Avant-gardiste Langelier? Peut-être, oui, mais c’est plutôt l’insatisfaction et la soif de nouveautés médiatiques qui l’ont amené vers P45. La crise du monde de l’information était encore bien loin à ce moment. D’ailleurs, le principal intéressé n'en a que faire de ses menaces de changement qui planent : « Je ne suis pas vraiment convaincu que la révolution qui touche présentement les médias est nécessaire. Internet n’est pas synonyme de diversité de l’information. C’est une nouvelle tribune qui favorise la dissémination d’un même contenu ».
Pour Nicolas Langelier une chose est certaine, le problème de financement des entreprises médiatiques a un lien direct sur le journalisme : « C’est un véritable cercle vicieux parce que les coupures de personnel amènent une baisse de la qualité de l’information qui entraîne une baisse de confiance dans les médias de la part de la population et les journalistes ne prennent plus la peine de faire de la bonne nouvelle ».

Il reste toutefois optimiste : « Il y aura toujours un noyau dur de citoyens qui sera prêt à s’engager pour recevoir de l’information de qualité, c’est là la base de la démocratie ».

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Tags : p45, Québec


           

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