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Nicolas Princen, du buzz à l'anonymat ?Arnaud Bertrand
Mardi 27 Janvier 2009
Au printemps dernier, l'arrivée de Nicolas Princen à la tête de la veille Internet de l’Elysée a suscité un vif émoi au sein de la blogosphère. Depuis celui qui a été surnommé « l’Oeil de Sarkozy sur le web » se fait discret.
(Flickr)
« Merci pour votre proposition, mais je ne donne pas d’interview ». Lorsque l'on demande aujourd'hui à Nicolas Princen s'il souhaite répondre à quelques questions, la seule réponse obtenue, certes cordiale, sonne comme une fin de non-recevoir. Le jeune homme de 24 ans se fait discret depuis sa nomination à la tête de la veille Internet de l’Elysée au printemps 2008.
Souvenez-vous, le 16 mars dernier, le JDD.fr nous apprend que ce normalien et diplômé d'HEC, est promu au service communication de l'Elysée. Après avoir été un temps membre de la cellule Internet du candidat Sarkozy durant la campagne présidentielle, c’est une nouvelle mission qui s’offre à lui : « Etre une sorte de veille sur Internet, en surveillant tout ce qui fait buzz au sujet du président de la République. Outre la presse et les médias traditionnels, Nicolas Princen devra également surveiller les sites moins connus, les blogs... Bref, tout ce qui circule sur le net », commentaient alors les services de l'Elysée interrogés par LePost. Buzz, rumeurs ou critiques en ligne, tout est sensé passer à la moulinette de ce jeune homme au look et au sourire de gendre idéal. « Il est tout à fait normal que la présidence de la République regarde ce qui se passe sur ce média, au même titre que la presse écrite ou la radio » précisait l’Élysée qui assurait toutefois que Nicolas Princen, « n'aura pas de moyens d'action particuliers ». Sauf que tout le monde n’a pas vu cette initiative d'un très bon oeil. La fronde de la blogosphère
Une nomination qui a eu immédiatement l'effet d'une bombe sur Internet. En moins de temps qu'il n'a fallu à la nouvelle pour s'étendre sur la Toile, Nicolas Princen est devenu l'un des personnages les plus controversés. Qualifié sur le web de « taupe de l'Elysée », « cyber espion », ou encore d' « Oeil de Moscou », Nicolas Princen aurait-il été victime de son succès ? A coup de vidéos parodiques et de groupes satiriques sur Facebook, une partie des internautes n'a pas tardé à riposter.
Les blogueurs, notamment, ont vu dans cette nomination une atteinte profonde à leur liberté d'expression. Certains ont accueilli la nouvelle avec ironie, comme le blogueur politique Luc Mandret qui écrivait, une fois la nouvelle en circulation sur Internet : « Cher Nicolas Princen, je te souhaite bien du courage. Et je souhaite donc savoir si tu mérites bien ta place. Je t’ai ajouté dans mes contacts sur Facebook. Comme cela tu auras automatiquement les notifications de mes nouveaux articles de mon blog, ce sera pratique pour toi ». D'autres en revanche, ont appris l'information avec crainte et scepticisme. A l'instar de Peuples.net qui a vu en l'ancien animateur de la rubrique Libre cours de la NSTV – comprenez la Nicolas Sarkozy Télévision – un « Chérif » dont le rôle est de « surveiller afin de punir ». «J'ai bien peur que la dérive juridique que nous venons de connaître, durant ces élections municipales et cantonales, ne soit que le prémisse de ce qui nous attend dans les mois à venir.»
Reste que dix mois plus tard, on est sans nouvelles de celui qui a mis en émoi la blogosphère. Depuis le printemps dernier, Nicolas Princen n'a plus fait parler de lui, ni de ses activités. Aucune interview, aucun communiqué n'a permis de retrouver la trace du jeune normalien. Tout juste a-t-on appris, en quelques lignes dans les pages de Libération, qu'il était en novembre dernier aux Etats-Unis pour suivre la bataille électorale de Barack Obama.
Un silence radio qui, ironie du sort, interpelle maintenant une partie de la blogosphère. Sur le blog de Luc Mandret, certains internautes, comme Albion, s'inquiète de cette soudaine discrétion du veilleur Internet : « Il devient quoi Princen ? on en entend plus parler... c'était juste pour créer du buzz ? ». Lu 1783 fois
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