« La pige, pour un jeune journaliste est un passage de plus en plus incontournable. C'est le mode de collaboration privilégié des rédactions ». Comme plus de 7000 journalistes en France, Laura Chatelain , 25 ans, est « pigiste », à savoir qu'elle est rémunérée « à la tâche ». Spécialisée dans la presse féminine, elle exerce cette activité de journaliste freelance depuis un an et demi. « A la base, pigiste n’est pas forcément un choix voulu. Je le suis pour l’instant car je n’ai pas eu l’opportunité d'obtenir un poste au sein d’une rédaction ». Diplômée d'une école privée de journalisme à Paris et titulaire d'un Master « Management de la culture et des médias » en sciences-politiques, Laura commence à piger pour des magazines papiers. Très vite, elle cherche à « élargir ses collaborations », au sein d'un secteur où les perspectives sont étriquées : « Dans la presse féminine, il y a un nombre important de journalistes pour un éventail de titres réduit », résume-t-elle. Elle se tourne alors du côté du Web, devenu en quelques années seulement un réservoir à pigistes.
La pige web offre plus de libertés
« Internet, je m'y suis intéressée au bout de six mois d'activité, explique Laura. Avec les magazines en ligne, c'était l'opportunité de trouver des piges supplémentaires ». Elle postule alors auprès de différents sites web féminins. Le profil plaît et ses candidatures trouvent un écho favorable au sein des rédactions web. Aujourd'hui, en plus de piger pour « quatre à cinq magazines », la journaliste collabore depuis presque un an avec deux sites web, elleadore.com et femmesplus.fr .Deux sites exclusivement tournés en direction d'un public féminin avec « un ton différent ». Pour Hélène Landron, directrice de publication du site elleadore.com, qui emploie 25 pigistes externes, le recours à la pige permet surtout d'apporter une « souplesse » et une « réactivité » en fonction de l'actualité.
Hélène Landron revient sur le recrutement des pigistes

L'écriture en ligne, Laura Chatelain l'a apprise « sur le tas », à défaut d'avoir reçu des cours propre à Internet durant sa formation. Cependant que ce soit pour une rédaction papier ou pour une rédaction en ligne, le principe de la pige demeure le même. La différence est plus « sensible dans le traitement des articles », témoigne Laura. Outre le fait qu'il faut écrire souvent « plus court », Internet offre davantage de libertés aux pigistes dans la façon de traiter les sujets. « Les thèmes sont globalement les mêmes. Mais à la différence du magazine, sur Internet on peut proposer des reportages de différents formats, comme des traitements par épisodes ou par séries. Sur le Web, le pigiste peut proposer et s'essayer à beaucoup plus de choses ». Récemment, elle a réalisé un reportage vidéo sur elleadore.com. Une découverte : « C'était la première fois. C'est l'une des particularités de la pige web. On peut être aussi bien amené à faire des sons ou de la vidéo. C'est l'un de ses côtés plutôt sympa ».
Plus régulière, mais moins payée qu'une pige classique
Attachée à aucune rédaction en particulier, Laura travaille depuis son appartement. « Je ne vais pas très souvent dans les rédactions. Pour le site elleadore.com, il y a une conférence de rédaction mensuelle avec tous les pigistes. Mais ce n'est pas le cas partout ». C'est donc de son propre bureau que Laura enchaîne les piges, partageant son temps - 25 à 30 heures hebdomadaires - entre les deux supports. Son activité de « web pigiste » varie selon les mois : « Parfois cela représente moins de la moitié de mon activité, parfois plus de 70 %. Ca dépend ». Mais à la différence de ses piges pour les magazines papiers, ses collaborations pour les sites Internet sont beaucoup plus régulières : « Je suis quasiment sûre d'avoir plusieurs sujets tous les mois. Ce qui n'est pas forcément le cas avec des magazines mensuels, analyse Laura. Mes collaborations sur Internet, je peux compter dessus ».
Ainsi, pour le site elleadore.com, ce sont systématiquement quatre à cinq publications par mois assurées. Une garantie qui permet de compenser une différence de rémunération : « Pour la pige web, le feuillet est à environ 70 € alors que pour les magazines, ça peut aller jusqu'à 115 € », précise la journaliste qui aujourd'hui assure parvenir à vivre convenablement de cette activité. Mais pour Hélène Landron, le Web souffre encore d'un manque de reconnaissance vis-à-vis des autres supports qui ralentit son développement. Un frein qui est dû, selon elle, à des problèmes de légistlation.
Hélène Landron aborde le manque de reconnaissance de la pige web

Si, malgré ces difficulté, Laura Chatelain assure « se plaire dans son statut de pigiste », son objectif reste inchangé : intégrer une rédaction qu'elle soit papier ou web.
Si, malgré ces difficulté, Laura Chatelain assure « se plaire dans son statut de pigiste », son objectif reste inchangé : intégrer une rédaction qu'elle soit papier ou web.


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