Marseille 89 : Eviter un site parigo-parisien


Marine Nuytten
Mardi 18 Novembre 2008

Rue89 teste avec Marseille89, la délocalisation locale du site. L’objectif ? Eviter d’être trop parisien, faire réagir les internautes localement, et s’implanter sur les marchés publicitaires locaux. Mais les résultats ne sont pas ceux espérés.


Marseille 89 : Eviter un site parigo-parisien
Lancé depuis avril 2008, Marseille 89, est la déclinaison locale du site d’information Rue89. Articles, réactions, vidéos, l’internaute retrouve les ingrédients de la formule nationale. L’objectif est double selon Arnaud Aubron, le webmaster chargé d’éditions.

« Le but est de créer une dynamique locale chez les internautes, et qu’il y ait des discussions et des réactions sur la vie locale. Nous voulons éviter d’être centré uniquement sur Paris », mais pas seulement, «  Nous voulions avoir accès au marché publicitaire local ».

Le choix s’est fait entre les deux plus grandes villes après Paris. « Nous avions le choix entre Lyon et Marseille. Les possibilités du marché publicitaire sont plus intéressantes à Lyon, mais journalistiquement, c’est plus intéressant à Marseille. C’est une grande ville. Il y a pas mal d’animations. Cela intéresse les internautes en dehors de Marseille. ».

Un test pour d’autres villes

Marseille 89 : Eviter un site parigo-parisien
Les moyens déployés sont moins importants. Un journaliste à plein temps, Rémi Leroux, entouré de pigistes à Marseille, contre 17 salariés à plein temps à la rédaction parisienne. Arnaud Aubron précise tout de même : «  A Marseille, le journaliste a des accords avec un mensuel et une radio. Il y a des contributions extérieures, et la rédaction de Paris file des coups de main de temps en temps ».

Après huit mois de fonctionnement, le bilan est plus que mitigé. «  Cela ne fonctionne pas autant que nous le voudrions », reconnait Arnaud Aubron, «  On pensait qu’il y aurait une dynamique locale plus importante. Il faut du temps ».

Le temps, c’est justement la raison invoquée pour justifier l’absence d’autres sites délocalisés : « Marseille est un test pour d’autres villes. Au vu des résultats, on aimerait d’abord consolider Marseille. Les marchés publicitaires ne sont pas forcément au mieux de leur forme en ce moment avec la crise. Ils ont plutôt tendance à se contracter. Nous sommes inquiets ».

En attendant d’autres sites, la délocalisation passe par les contributeurs qui viennent de Rennes, Montpellier, ou encore Grenoble.

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