Il aurait pu s'appeler le « Clichy Blog ». Au lieu de cela, il porte le nom d'un roman de Henry Miller adapté au cinéma par Claude Chabrol. Il aurait aussi pu évoquer l'actualité de la banlieue parisienne. Mais les auteurs de « Jours tranquilles à Clichy-sous-Bois » ont choisi de raconter la vie des habitants d'une cité de Seine-Saint-Denis, sans concession ni fatalisme. Là où d'autres choisiraient l'information, eux préfèrent l'anecdote et l'opinion.
Blog ou journalisme, Libé a choisi
« Jours tranquilles à Clichy », c'est d'abord l'idée de Ludovic Blecher, rédacteur en chef adjoint de liberation.fr. Le blog est le fruit de sa rencontre en mars 2007 avec David da Silva, un jeune étudiant membre de la Maison de la jeunesse de Clichy. Ensemble, ils conviennent de créer un média de proximité sur le modèle de « Made in Aulnay », un blog déjà parrainé par le site de Libération, et qui racontait le quotidien de deux entrepreneurs installés en pleine cité des 3000. Le journal achète alors un domaine sur le web, et appose son logo sur la page d'accueil du tout nouveau site, lancé en juillet 2007.
Mais au fait, pourquoi s'en remettre à des amateurs, quand un journaliste pourrait lui-même se rendre sur place ? Marie-Dominique Arrighi, coordinatrice des blogs pour liberation.fr, évoque des raisons financières :
« Avoir un correspondant coûte très cher. Et puis pourquoi on aurait un journaliste à Clichy plus qu'ailleurs ? Ce qui nous intéresse dans ce projet, c'est qu'il propose un éclairage, un vécu, ce n'est pas un média d'information. Ces jeunes disent des choses que les journalistes ne peuvent pas dire, sur l'insalubrité des cités par exemple. »
Mais au fait, pourquoi s'en remettre à des amateurs, quand un journaliste pourrait lui-même se rendre sur place ? Marie-Dominique Arrighi, coordinatrice des blogs pour liberation.fr, évoque des raisons financières :
« Avoir un correspondant coûte très cher. Et puis pourquoi on aurait un journaliste à Clichy plus qu'ailleurs ? Ce qui nous intéresse dans ce projet, c'est qu'il propose un éclairage, un vécu, ce n'est pas un média d'information. Ces jeunes disent des choses que les journalistes ne peuvent pas dire, sur l'insalubrité des cités par exemple. »
Un « contrôle éditorial »
Autour de lui, David da Silva a réuni des amis d'enfance, de quartier ou d'université. Aujourd'hui, ils sont cinq à animer le blog : David bien sûr, mais aussi Yatté, Nadera, Daniel, et Mélody, la seule à ne pas habiter Clichy (elle vit à Villemomble, une commune huppée de Seine-Saint-Denis). Une fois tous les deux mois, ils dînent avec Marie-Dominique Arrighi. L'occasion pour elle, non pas de les censurer ou de leur dicter la voix du maître, mais de les conseiller :
« Mon rôle, c'est de trouver des blogueurs et de les coacher. Je leur soumets des idées, je les encourage, je m'assure aussi qu'ils ne diffament personne, mais je ne leur fais pas de commandes comme à des pigistes. Les articles passent par moi, mais je n'en modifie que très peu le contenu. »
En fait de censure, Marie-Dominique Arrighi préfère parler de « contrôle éditorial ». Ce qui implique, parfois, de rappeler les blogueurs à leurs devoirs. Si « Jours tranquilles à Clichy-sous-Bois » n'est pas un média de journalistes, concède-t-elle, il doit cependant rester un média de proximité et d'actualité :
« Je trouve que le blog n'est pas assez en prise avec la réalité. Sur les municipales par exemple, on aurait pu avoir quelque chose de plus approfondi et de plus régulier. Il a fallu que je leur en fasse la remarque pour que David rédige enfin un article sur le sujet. »
« Mon rôle, c'est de trouver des blogueurs et de les coacher. Je leur soumets des idées, je les encourage, je m'assure aussi qu'ils ne diffament personne, mais je ne leur fais pas de commandes comme à des pigistes. Les articles passent par moi, mais je n'en modifie que très peu le contenu. »
En fait de censure, Marie-Dominique Arrighi préfère parler de « contrôle éditorial ». Ce qui implique, parfois, de rappeler les blogueurs à leurs devoirs. Si « Jours tranquilles à Clichy-sous-Bois » n'est pas un média de journalistes, concède-t-elle, il doit cependant rester un média de proximité et d'actualité :
« Je trouve que le blog n'est pas assez en prise avec la réalité. Sur les municipales par exemple, on aurait pu avoir quelque chose de plus approfondi et de plus régulier. Il a fallu que je leur en fasse la remarque pour que David rédige enfin un article sur le sujet. »
La banlieue sans les bombes
Malgré tout, David da Silva semble se satisfaire de ce mariage improbable entre une journaliste et des jeunes sans expérience des médias :
« Tout se passe très bien avec Libération. De toute façon, si le journal nous censurait, je serais déjà parti. Libération tire profit de notre travail, et nous, on est contents de pouvoir nous exprimer. »
Régulièrement, « Jours tranquilles à Clichy-sous-Bois » apparaît en page d'accueil de liberation.fr . Alors que le site reçoit environ 1000 visiteurs par jour en temps normal, une telle exposition permet au blog de grimper jusqu'à 10000, voire 20000 entrées, selon les sujets traités.
Parmi les posts les plus lus par les internautes, un portrait croisé de David da Silva et de l'un de ses amis d'enfance, Igor. Le blogueur y raconte comment deux enfants d'un même quartier peuvent devenir deux adultes qui n'ont plus rien en commun.
A la lecture de cet article, on comprend mieux ce que Libération est venu chercher à Clichy : des récits à la première personne, des témoignages de première main, et de la vie « tranquille » dans une banlieue… sans les bombes.
« Tout se passe très bien avec Libération. De toute façon, si le journal nous censurait, je serais déjà parti. Libération tire profit de notre travail, et nous, on est contents de pouvoir nous exprimer. »
Régulièrement, « Jours tranquilles à Clichy-sous-Bois » apparaît en page d'accueil de liberation.fr . Alors que le site reçoit environ 1000 visiteurs par jour en temps normal, une telle exposition permet au blog de grimper jusqu'à 10000, voire 20000 entrées, selon les sujets traités.
Parmi les posts les plus lus par les internautes, un portrait croisé de David da Silva et de l'un de ses amis d'enfance, Igor. Le blogueur y raconte comment deux enfants d'un même quartier peuvent devenir deux adultes qui n'ont plus rien en commun.
A la lecture de cet article, on comprend mieux ce que Libération est venu chercher à Clichy : des récits à la première personne, des témoignages de première main, et de la vie « tranquille » dans une banlieue… sans les bombes.


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