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Les LibéVilles au coeur des municipalesArnaud Bertrand
Jeudi 6 Mars 2008
Liberation.fr continue de tisser sa toile. Après LibéRennes, LibéBordeaux a été lancé le 22 février dernier. Sites urbains d’actualité régionale et locale, les LibéVilles offrent depuis plusieurs mois déjà un traitement au plus près de l’actualité électorale dans les grandes villes.
Les 9 et 16 mars prochains se déroulera en France le scrutin municipal. En vue de cette échéance, la rédaction de Liberation.fr a donné un sérieux coup d'accélérateur. Au mois de février deux nouveaux LibéVilles ont vu le jour à Rennes et Bordeaux. Deux nouveautés qui portent aujourd'hui à sept le nombre de LibéVilles présents sur l'ensemble du territoire hexagonal (Lyon, Orléans, Lille, Strasbourg, Toulouse). Liberation.fr dispose ainsi d'un large réseau en province à l'approche des élections municipales.
Ainsi, le 22 février dernier paraissait dans les colonnes de Libération une double page consacrée à la bataille entre les deux Alain, Juppé (UMP) et Rousset (PS), pour le fauteuil de maire dans la capitale girondine. Dans le bon tempo, LibéBordeaux a ainsi profité de l'actualité politique du moment pour alimenter son site au cours des premiers jours. Actuellement, les deux tiers des articles publiés concernent la campagne municipale. « L'idée était de profiter de l'afflux d'actualité que représente les municipales pour lancer LibéBordeaux. Le prochain scrutin municipal draine une actualité quotidienne et provoque par ailleurs un intérêt supplémentaire des lecteurs pour l'actualité locale », explique Laure Espieu, correspondante de Libération à Bordeaux. « Mais ce n'est pas une course. Les municipales, je les suis depuis la fin des législatives ». Un ton et une vision « libé » en région
Libération a donc fait le choix d'un traitement continu des municipales en province à l'instar d'autres quotidiens ou hebdomadaires en ligne comme Le Nouvel Observateur , par exemple. Cette tendance nouvelle tournée vers les blogs de régions ne vise cependant pas à concurrencer les médias régionaux en place. LibéBordeaux comme ses grands frères contribuent surtout au pluralisme de l'information locale.
« L'objectif est d'apporter un regard nouveau sur l'actualité locale. Un regard différent et plus distant avec des articles et des angles novateurs », analyse Ludovic Blecher, rédacteur en chef de Libération.fr. Un ton et une vision Libé qui font la particularité des LibéVilles. Pour Laure Espieu, c'est l'intérêt même de son travail de correspondante. « Sur le même sujet, je n'ai pas du tout le même angle que des papiers parus dans des médias locaux. Je ne créé pas l'information, elle existe. Je tente simplement de la traiter sur un « mode Libé » en apportant une information complémentaire. » Pour ces journalistes, l'intérêt est également de pouvoir traiter de sujets que les quotidiens locaux n'abordent pas, par manque de place ou de temps. Pendant les municipales, certains meetings, réunions publiques et autres débats, éludés par les médias régionaux, ont ainsi trouvé leur place au sein des LibéVilles. « Et puis à la différence de la presse régionale, les correspondants des LibéVilles ne sont pas tenus par des formats calibrés. Nous sommes très flexibles dans notre travail », atteste Laure Espieu qui, à côté du site Internet, collabore également pour le format papier. Concilier local et national
L'originalité des articles et la griffe de Libé en région ont permis aux LibéVilles de s'imposer durablement en seulement quelques mois. Chaque LibéVille compte à l'heure actuelle entre 10.000 et 12.000 internautes en moyenne chaque jour. Cependant, la difficulté majeure pour les correspondants réside dans le fait de s'adresser à la fois à un public local et aux internautes originaires de régions différentes et intéressés par l'actualité d'une ville « Libévillisée ». Notamment lorsqu'il s'agit de politique où l'ancrage local est fort. Olivier Bertrand, correspondant de LibéLyon , premier LibéVille créé en septembre 2007, cherche ainsi au quotidien à concilier la dimension locale et nationale.
« Libélyon se veut un journal de proximité. Mais c'est un journal en ligne et donc accessible par tous. Par conséquent, ce qui est écrit doit pouvoir intéresser autant l'internaute lyonnais que l'internaute nantais ou grenoblois. C'est le cahier des charges qu'on s'est fixé. Dans le traitement de l'information, pour les municipales par exemple, on essaie autant que possible de replacer les choses en perspective et de se détacher du rapport lyonnais-lyonnais. Mais c'est un exercice difficile ». En retour, les internautes sont invités à réagir, commenter ou protester en temps réel. L'interactivité est essentielle au bon fonctionnement des LibéVilles. Et, comme l'expliquent les responsables de Libération.fr sur leur site, en « cette période électorale, ils ne s'en privent pas ! ». A lire aussi : La libésphère s'étend sur la toile Pour Libélyon, « la différence doit donc se faire sur la rigueur » Lu 3148 fois
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