« Le web: un moyen de réconcilier avec l'information locale »


Fabrice Pouliquen
Mardi 1 Avril 2008

Interview de Michael Louedec, journaliste à rennes-infhonet.fr, un site d'information locale animé par quatre jeunes journalistes. L'objectif de ce site: réintéresser les Rennais qui délaissent la presse traditionnelle à l'info de leur ville.


« Le web: un moyen de réconcilier avec l'information locale »
 Depuis quand travaillez-vous pour Rennes-infhonet.fr ?

J'y travaille depuis juillet 2007, c'est à dire depuis le lancement officiel du site. Rennes-infhonet.fr a été mis sur pied par un ami rencontré à l'IUT de journalisme de Lannion. Il m'a proposé de faire partie du projet, j'ai sauté sur l'occasion. Partir de rien comme on l'a fait, c'est le meilleur des challenges.

Quelle a été la démarche lors de la création de ce site?
L'objectif avec rennes-infhonet.fr est de réintéresser les personnes qui n'achètent plus la presse traditionnelle à l'information locale. Nous nous adressons donc plus aux 15-35 ans, la tranche d'âge la plus concernée par ce désintéressement. Le site se concentre essentiellement sur trois thématiques: société, sport et culture. Nous essayons au maximum d'adopter un ton décalé et des angles originaux dans nos articles. Enfin nous nous concentrons uniquement sur le web, rennes-infhonet n'a pas de support papier. Au final, en s'attachant à se démarquer des médias traditionnels, nous avons su trouver un lectorat. Environ 4 000 internautes se connectent quotidiennement sur le site. Nous sommes montés à 6 000 pour les élections municipales. Ce sont des chiffres encourageant.

Combien de journalistes travaillent au sein de la rédaction?

Nous sommes quatre journalistes,tous fraîchement diplômés de l'IUT Journalisme de Lannion.
Nous étions dans la même promo et nous sommes sortis en 2006. Un informaticien complète l'équipe. A nous cinq, la moyenne d'âge ne dépasse pas les 23 ans.
Nous nous connaissions très bien, ce qui est essentiel lorsqu'on se lance dans un projet comme le notre: les journées sont longues (souvent 8h-23h) et les questions d'organisation nombreuses.

Quelles tâches effectuez-vous au sein de la rédaction?
Au quotidien, nous nous retrouvons le plus souvent à deux journalistes à partir sur le terrain. Le directeur de publication doit s'attacher de plus en plus à un travail de gestion et le quatrième journaliste s'occupe de tout le coté publicité, gère les relations avec les annonceurs. Je fais parti des deux journalistes qui se concentre uniquement sur l'écriture d'articles. Je gère tout le processus de l'écriture d'un article, de la recherche de sujets à la mise en ligne en passant bien sûr par l'enquête sur le terrain. Je me retrouve donc pas dans la définition habituelle que l'on fait du journaliste en ligne, celui dont on dit qu'il ne fait que du desk, qu'il n' « arpente » pas le terrain. Je passe beaucoup de temps sur le terrain et le travail de desk se limite juste à la mise en page de mes articles, mise en page codifiée et donc rapide.

En quoi la façon de travailler sur le net diffère-t-elle des pratiques du support papier?
C'est essentiellement le même travail. La seule différence, il est vrai de taille, est le rapport au temps. Sur le web, on travaille dans l'instantanée. Sur un événement qui se passe à 10h, alors qu'un journaliste de presse écrite aura jusqu'à la fin de journée pour rendre son papier, Rennes-infhonet.fr, en revanche, se doit de mettre en ligne les premiers compte-rendus à 11h30, au plus tard. C'est sur cette instantanéité que se joue notre raison d'être. Les médias traditionnels ne peuvent pas uniquement se concentrer sur leur site internet et ont un autre support à gérer. A nous alors de se montrer plus réactif sur le web, de les devancer.


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