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Le web donne une seconde chance aux journaux en criseNicolas Beunaiche
Vendredi 6 Février 2009
The Christian Science Monitor, La Vie Financière, The Capital Times et PC Mag : ces quatre journaux et magazines ont émigré sur la toile en 2008. Victimes de la crise du journal papier, ils doivent maintenant s’adapter aux contraintes de l’économie du web.
En proie à des difficultés économiques, ils auraient pu décider de tout arrêter et déposer le bilan. Du Capital Times, délaissé par son lectorat*, à La Vie Financière, miné par la crise du marché publicitaire**, tous en avaient les arguments. Au lieu de cela, ces deux titres de presse américain et français - auxquels il faut ajouter The Christian Science Monitor, un quotidien diffusé aux Etats-Unis et au Canada, et PC Magazine, un mensuel édité également outre-Atlantique - ont choisi en 2008 une toute autre stratégie : le 100% web.
Papier trop cher, lecteurs trop vieuxA l’origine de cette évolution, il y a bien entendu l’espoir de réaliser des économies. « Aujourd’hui, les sites coûtent moins cher à fabriquer que les journaux et les magazines. Parce qu’ils font l’économie de l’impression, devenue bien trop chère, mais aussi parce qu’ils nécessitent moins de journalistes », analyse Claude Soula, spécialiste média au Nouvel Obs. Ainsi The Capital Times, en émigrant sur la Toile, est-il passé d’un effectif de 40 journalistes à une rédaction restreinte de 22 rédacteurs seulement (voir interview ci-dessous). Internet, une économie encore fragilePour autant, il convient de relativiser la performance. Car IDG, comme PC Magazine, mais au contraire des groupes éditant The Capital Times ou The Christian Science Monitor, exploite une niche très attractive pour les annonceurs et donc peu représentative de l’ensemble de la presse. Le défi des web-médias : s’adapter aux internautesDans ces conditions, pourquoi quatre journaux ont-ils alors décidé, en 2008, de tenter l’aventure du web ? Pourquoi PC Magazine, et a fortiori La Vie Financière, The Christian Science Monitor et The Capital Times ont-ils abandonné leur version papier pour se lancer sur la toile ? Selon Claude Soula, ces médias n’ont tout simplement « pas eu le choix ». Aux difficultés du papier, ils auraient donc préféré celles d’Internet.
3 QUESTIONS A PAUL FANLUND, REDACTEUR EN CHEF DU CAPITAL TIMES
Abandonner son édition papier pour la toile, The Capital Times l’a fait en avril dernier. Le rédacteur en chef de ce quotidien édité à Madison (Wisconsin) en explique les raisons et les conséquences. Pour quelles raisons avez-vous basculés du papier au web ? Parce que nos ventes avaient chuté. En 1966, le journal imprimait chaque jour 47 000 exemplaires. Cette année, nous en étions à 17 000… Nous aurions pu cesser complètement la publication du journal, mais nous refusions tout simplement cette alternative. A l’origine, The Capital Times a été créé (N.D.L.R : en 1917) par un journaliste aux idées progressistes. Aujourd’hui, le journal veut logiquement continuer à exprimer ces positions progressistes. Comment avez-vous préparé la transition ? Nous avons dû nous restructurer. Sur les 40 journalistes de la rédaction, 25 sont partis, la plupart dans le cadre de départs volontaires et compensés financièrement. Puis nous avons embauché sept journalistes, qui ne sont pas pour autant des spécialistes d'Internet. Il faut savoir que le passage au web change presque tout. Cela signifie que l’actualité doit être traitée en temps réel et non pas pour un journal papier avec un délai important entre la rédaction et la publication. On doit être dans l’actualisation permanente, dans l’immédiateté. De même, l’interaction avec les lecteurs aussi est devenue primordiale pour nous. Nous voulons aussi expérimenter davantage un style magazine, c’est-à-dire un format qui pourra avoir des éléments multimédia. Mais nous n’en sommes qu’au début. Envisagez-vous à terme un retour au 100% papier ? Non, absolument pas. Nous conservons malgré tout un pied dans la presse papier, puisque nous publions une fois par semaine un magazine gratuit et un supplément culturel encarté dans le Wisconsin State Journal. Mais pas pour préparer un retour au papier. Simplement, nous sentions que The Cap Times avait encore besoin d’un magazine style tabloïd et une section consacrée aux arts et aux divertissements, qui est une niche très intéressante pour nous. Lu 1060 fois
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