Le web dans la formation des futurs journalistes


Susie Bourquin
Mercredi 19 Décembre 2007

Les écoles de journalisme misent-elle sur Internet pour former les futurs journalistes? Quelle place réservent-elles à l'enseignement du multimédia? Faut-il l'intégrer à la formation ou en faire une option? Les écoles reconnues n'ont pas toujours la même politique sur la question.


A Bordeaux, l'IJBA intègre les nouveaux outils à sa formation

Le web dans la formation des futurs journalistes

Jean Charles Bougnole est chargé de la formation :

« Depuis dix ans maintenant, l'école s'intéresse au web pour la formation des journalistes: des cours ont été mis en place pour permettre aux élèves de maîtriser l'outil (dans le cadre des pré-enquêtes), mais les élèves doivent aussi produire pour le Web (Internet comme support médiatique). Le but aujourd'hui, c'est de faire en sorte que notre formation suive les évolutions des nouveaux outils et qu'elle les intègre aux enseignements. »

A Toulouse, l'EJT refuse de miser sur le Web


Frank Demay est directeur des études

« L'EJT ne consacre pas de place particulière au Web. L'enseignement de l'outil multimédia ne fait pas partie d'un module à part entière. Même si l'idée est de mettre en ligne toutes les productions des élèves (spécialisés en presse écrite aussi bien qu'en audiovisuel), nous ne sommes pas convaincus qu'Internet représente l'avenir pour les journalistes. Contrairement à l'idée convenue, j'irais jusqu'à dire qu'Internet est un attrape-nigaud. Nous recevons quantité d'offres de stages de presse en ligne, qui ne payent pas. Je ne vous cache pas que nous n'encourageons donc pas nos élèves à les réaliser. »

L'IUT de Lannion compte créer une option multimédia


Florence Le Cam est responsable des stages

« L'IUT de Lannion consacre un cours magistral aux « Enjeux médiatiques contemporains » en deuxième année de formation. Cette année, un blog collectif a été créé comme outil de veille pour les étudiants. Un magazine papier est aussi mis en ligne depuis la rentrée 2007. A terme, l'IUT a l'intention de faire de l'enseignement multimédia une option à part entière. »

A Strasbourg, le CUEJ étend ses cours de Web à la première année de formation


Stéphanie Peurière est maître de conférences associée (en charge de la coordination des enseignements de presse écrite et de multimédia) :

« Il y a du nouveau au CUEJ. Depuis la rentrée, des cours consacrés à l'enseignement de l'outil multimédia ont été créés dès la première année. Jusque là cette initiation était accordée aux seuls deuxième année. Nombre de sessions pédagogiques ont pour finalité la publication de dossiers multimédias sur le site d'informations spécifiquement dédié à l'accueil des productions des élèves. »

A Lille, l'ESJ continue de former des journalistes et pas des professionnels du multimédia


Pierre Serisier est chargé de la formation en presse écrite

« L'école a mis en place un nouveau cursus d'enseignement consacré au multimédia cette année. En deuxième année, onze semaines sont désormais vouées à Internet sur l'ensemble de l'année scolaire. Nous fonctionnons par ateliers : en session multimédia, les quatorze étudiants qui forment un groupe réservent tout leur temps à l'outil Web. Une réforme a aussi permis d'intégrer le multimédia à la première année d'enseignement. Autrement dit, un chemin de fer a tout récemment été établi sur deux ans, tandis que la formation Web était autrefois irrégulière.Cette année, les étudiants alimenteront par exemple un blog sur les municipales.Cela dit, il ne faut pas perdre de vue que nous formons des journalistes et pas des professionnels du multimédia. »

A Tours, l'IUT compte mettre en place des ateliers de production multimédia


Olivier Sanmartin est directeur des études à l'IUT de Tours

« Nous abordons le web comme outil en première année : recherche d'infos et constitution de blogs et nous allons mettre en place cette année des ateliers de production multimédia à partir des journaux écoles existants en deuxième année avec La Feuille (type quotidien) et en licence et année spéciale avec Innova (magazine). A la suite de ces expériences, nous comptons développer, à partir de l'an prochain, un journal école en ligne. »

A Paris, l'IFP forme aussi au journalisme en ligne


Le but pour les étudiants de l'IFP: apprendre à travailler dans tout type de média, « écrit, audiovisuel ou en ligne. » Voilà ce qu'indique le site de l'école. Au quatrième semestre, les futurs journalistes se spécialisent. Ils ont le choix entre différentes options (secrétariat de rédaction, télévision, radio) parmi lesquelles, le multimédia. Si l'école met l'accent sur le contenu (les élèves ont des cours d'analyse politique, de déontologie etc), elle s'efforce aussi de leur donner de solides compétences techniques. C'est dans cette mesure que le journalisme en ligne a une place aussi importante que les autres supports.

A Marseille, l'EJCM intègre les nouveaux supports à sa formation


L'EJCM, l'école de Marseille, propose des spécialités indissociables des nouveaux supports. C'est en tous cas ce que dit le site de l'école. Le web est un débouché à ne pas négliger dans la formation des futurs journalistes. La presse en ligne représente de futurs emplois, ainsi, qui dit nouvelle technologie de l'information dit : adaptation à ces nouvelles technologies.

Le Celsa mesure l'importance du multimédia dans sa formation


Au Celsa à Paris, d'après le site de l'école, le multimédia est une dominante (en dernière année) au même titre que l'audiovisuel ou que la presse écrite. Comme de nombreuses écoles, le Celsa envisage la presse en ligne comme un débouché important pour les futurs journalistes lui accorde donc une place particulière.

A l'IPJ Paris, tous les cours convergent vers le Web


Thierry Guilbert est chargé de l'enseignement multimédia

« Chez nous, le Web est le héros central de la formation. Nous avons mis en place une plateforme de blogs. Chaque étudiant en possède un, qu'il se charge d'alimenter régulièrement. Nous avons également créé un site Internet que les étudiants fournissent en informations chaque jour. Depuis une dizaine d'années, l'IPJ a intégré le Web de façon croissante dans sa formation. Aujourd'hui, tous les cours convergent vers le Web. »

A Grenoble, l'ICM fait une large place au web


Arnaud Noblet est directeur pédagogique de la formation.

« L'enseignement du Web a reçu un coup d'accélérateur important depuis deux trois ans. Notamment avec l'arrivée de Ludovic Blecher (rédacteur en chef adjoint de liberation.fr), et de Nathalie Pignard, maître de conférences en sciences de l'information et de la communication. Les cours de presse en ligne font l'objet d'une application concrète. C'est le cas par exemple avec ce site. Cette année, les élèves de Master 2 ont couvert le forum Libération 2007, qui se tenait à Grenoble en septembre, en réalisant des reportages audios, vidéos et écrits. En 2006, les élèves avaient également travaillé, sur la réalisation d'un site spécial "les banlieues un an après", avec la mise en ligne de vidéos et d'enregistrements audios. Dans l'immédiat, le prochain recrutement comprendra une épreuve orale spéciale: le candidat sera placé devant un écran d'ordinateur et devra résoudre un cas pratique. Il faudra donc qu'il fasse aussi la preuve de sa maîtrise de l'outil Internet. »



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