« Le terme de 'journaliste-citoyen' me pose question »


Cléa Favre
Mardi 17 Juin 2008

Philippe Maréchal est un marin. Depuis un an et demi, il parcourt les Cévennes, caméra à l'épaule, pour la web TV la Télélibre.fr. Il s'interroge sur la place qu'il occupe, entre journalistes, correspondants, amateurs et citoyens...



Philippe Maréchal tient également un blog : lemondedephilippe.com
Philippe Maréchal tient également un blog : lemondedephilippe.com
Depuis combien de temps travaillez-vous pour la Télélibre.fr ?
Je suis bénévole depuis janvier 2007.

En quoi consiste votre travail de correspondant ?
Je fais des petits reportages vidéo. Par exemple, pour les élections présidentielles, j'ai essayé de faire s'exprimer les gens sur la politique.Je m'intéresse aussi aux compagnies théâtrales qui ont des thématiques sociales. J'effectue des interviews etc.

Quelle est votre formation à l'origine ?
Je suis marin depuis l'âge de 15 ans. Ca fait un an que je n'ai pas navigué. La correspondance pour la Télélibre est la seule activité que j'ai en ce moment.

Comment avez-vous franchi le pas et commencé à collaborer à la Télélibre ?
C'est comme quelqu'un qui lit les journaux et qui a envie d'écrire. C'est une façon pour moi d'être dans l'actualité, et ne de plus seulement la regarder. Je suis au plus près de l'information. Quand j'aime quelque chose, j'aime bien le faire. J'ai donc répondu à une annonce de la Télélibre. C'est un exercice qui me fait du bien : poser des questions, écouter, rencontrer des gens à qui d'emblée je n'aurais pas parlé.

Avez-vous été formé par la Télélibre ?
Non, pour la vidéo, je me suis lancé tout seul. On m'a seulement formé au logiciel de montage. Le reste, j'ai appris seul. Et je découvre qu'être journaliste, monteur, cadreur, c'est un métier complexe. Alors prétendre que je suis tout à la fois...

La Télélibre a-t-elle établi une marche à suivre pour les reportages ?
Non, seulement, on ne doit pas filmer des personnes sans leur accord, pas de caméra cachée. On ne doit pas chercher à être objectif, mais sincère. Cependant, petit à petit, l'équipe met en place plus de règles, elle veut ressembler davantage à une télévision. Elle cherche le professionnalisme ; le côté à l'arrache, je ne le vois plus tellement.

Quelle part de votre temps occupe votre activité de correspondant ?
Pour quelqu'un qui n'a pas l'habitude, se déplacer, tourner, dérusher etc., ça prend du temps. Parfois, j'ai travaillé des semaines entières pour la Télélibre.

Comment vous définissez-vous ? Journaliste ? Journaliste-citoyen ?
J'ai des difficultés à me situer en tant que correspondant.Le terme de « journaliste-citoyen » me pose question : il est présomptueux. Je pense qu'un journaliste possède une formation et avant tout, il est reconnu par ses pairs. Il y a des limites de compétences. Par exemple, on m'a demandé si je voulais faire un reportage sur les fins de mois difficiles des retraités, je pensais que c'était une blague.

Pensez-vous que cette expérience aurait-été possible pour vous sans le web ?
Non, la télévision est un monde très fermé, je ne vois pas qui d'autre aurait pu m'appeler.

Lu 2186 fois
Notez



           

Nouveau commentaire :
Twitter


La campagne présidentielle vue par les étudiants de l'EJDG en partenariat avec le Dauphiné Libéré

Twitter
Rss
Podcast



Inscription à la newsletter