Le sommet de l'OTAN fut aussi un succès du web-journalisme


Nicolas Bégasse
Mardi 12 Mai 2009

Début avril, la ville de Strasbourg accueillait le sommet de l’OTAN. Les Dernières Nouvelles d’Alsace, le quotidien de référence de la région, se sont mobilisées pour couvrir l’événement dans leurs colonnes… et sur Internet, avec une formule inédite et audacieuse. Retour sur une expérience de web-journalisme couronnée de succès.


Le sommet de l'OTAN fut aussi un succès du web-journalisme
Pendant quelques jours, au début du mois d’avril, l’attention des médias du monde entier s'est focalisée sur Strasbourg. Pour l’occasion, le quotidien les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA) a créé un site Internet dédié. Le « site info du sommet de l’OTAN » a proposé, du 29 mars au 8 avril, des dizaines d’articles, d’infos pratiques, d’analyses et de vidéos. Et en complément un fil Twitter baptisé « l’info en temps réel » permettant de se tenir au courant, parfois à la minute près, des derniers événements : visite annulée, quartier fermé, bâtiment incendié… L’internaute pouvait vivre tous les aspects de ce sommet en léger différé.

« L’idée c’était de se dire qu’à l’occasion de ce sommet qui se déroule dans notre ville, on était le média avec le plus de journalistes et qui connaît le mieux le terrain et les interlocuteurs », explique Mathieu Mondoloni, journaliste au service multimédia des DNA et instigateur du site Internet. En effet, vingt journalistes des DNA ont couvert le sommet, ce qui en faisait la rédaction a priori la mieux pourvue. Une légitimité reconnue, une main-d’œuvre nombreuse… ne manquait plus qu’à coordonner tous les efforts. Car comme l’observe Pierre France, lui aussi du service multimédia, sur son blog : « Ce n’est pas parce qu’une vingtaine de journalistes travaillent sur un événement que la combinaison de leurs contributions respectives produira mécaniquement une information complète et rapidement publiée ».

Le secret de la réussite: une bonne organisation

Mathieu Mondoloni
Mathieu Mondoloni
Un site Internet, un fil Twitter… ne manquait plus qu’à faire fonctionner la machine. La mission : faire remonter toutes les infos au « desk multimédia » tenu par Christian Bach, le chef du service multimédia des DNA. « On a contacté Orange », se souvient Mathieu Mondoloni, « avec qui on a déjà des partenariats, pour avoir des téléphones multimédias. Ils ont accepté, et nous en ont prêté cinq, qu’on a dispatchés entre les journalistes couvrant le sommet. Ils envoyaient des SMS à Christian qui les retransmettait en ‘’twits’’; ils faisaient parvenir des vidéos… ». De l’info prise sur le vif et rendue très vite disponible. « A partir de là, le site spécial des DNA est devenu l’endroit du web où toute l’information sur ce sommet était publiée, avant tout le monde », observe Pierre France. Un point de vue partagé par Mathieu Mondoloni, qui s’en amuse : « Au niveau des autres journalistes, certains nous confiaient visiter notre site pour voir s’ils n’avaient rien raté. Et c’est vrai que pour plein de trucs, on était les premiers à donner l’info. »

« Le but au final », prescrit Mathieu Mondoloni, « ce serait d’avoir une réactivité telle pour tous les sujets qui le nécessitent. Là ça l’était, mais ce système est exploitable au quotidien, aussi. Nos journalistes n’ont pas eu une charge de travail supplémentaire, juste un temps d’adaptation au nouvel outil, au début. » De toute façon, « un jour ou l’autre, il faudra se diversifier quant à l’usage de ces nouveaux outils ». Et son collègue de renchérir : « Tu as plus de chances d’être efficace en termes de publication si l’ensemble de tes journalistes est capable de traiter l’info avec n’importe quel support. Ça ne veut pas dire faire tout en même temps mais, potentiellement, pouvoir choisir le média le plus adapté ».

Bilan en termes de chiffres : 10 jours « chauds », environ 200 000 connexions au site et 800 000 pages vues. « C’est énorme », commente Mathieu, « surtout sur une période aussi réduite. C’est un vrai succès éditorial. » Pierre analyse ce succès sur son blog: « Ces quelques jours d’intense actualité ont permis de démontrer qu’un média peut être global et ne perdre aucun lecteur, qu’un même média peut publier la même information plusieurs fois et ne perdre aucun abonné, pour autant que cette information atteigne sa cible au bon moment. (…) Bref, qu’une seule rédaction peut produire de l’information pour des formes de publication différentes, sans se cannibaliser bien au contraire, en bénéficiant de ces traitements différents ».

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Tags : dna, otan, twitter


           

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