Comment êtes-vous arrivé à Rue89 ?
En janvier 2007, j’étais encore au CFJ [une école de journalisme] en deuxième année. Je devais faire un stage au Monde puis j’ai vu que Laurent, Pierre et Pascal avaient écrit sur leur blog qu’ils quittaient Libé pour fonder un nouveau site. Après plusieurs rendez-vous j’ai décidé de faire mon stage de février avec eux.
Et finalement vous êtes resté ?
Oui. Il n’y a pas eu de problème avec l’école puisqu’on devait faire des stages et des enseignements pratiques. La mise en ligne du site a été faite en mai. Faute de moyen, au départ, on travaillait sur nos ordis, dans la cuisine de Pierre Haski, l’actuel directeur de publication.
Quel bilan tirez-vous 18 mois après le lancement du site ?
On a réussi au moins à transformer l’essai du lancement. On souhaitait trois choses : proposer un agenda médiatique différent, faire de l’écriture multimédia avec vidéos, sons et écrits, et enfin créer une communauté participative autour d’internautes et d’experts. On a dépassé le million de visiteurs uniques en juillet [selon l’Institut Nielsen NetRatings ], ce qui valide notre travail.
Les salariés de Rue89 ont dû faire des efforts concernant leur rémunération. Quel est votre salaire ?
Au début on a tous commencé bénévolement lors du lancement du site. Personnellement tout avait été convenu avec les fondateurs : j’étais sous le statut de stagiaire jusqu’à la fin de mon école, donc de février à juin, et après je devenais salarié avec un salaire de 1.300 euros net. Je devais être augmenté un an plus tard, un an plus tard. Cela a été respecté et depuis juillet 2008, je gagne 1.500 euros net.
Certains estiment que contrairement aux annonces, le côté participatif n’est pas assez présent sur le site, notamment Michel Lévy-Provençal, l’un des fondateurs qui est rapidement parti…
Le participatif ne marche pas à la signature. Ce serait réducteur. A Rue89, il est présent dans les commentaires, dans l’interactivité avec le journaliste, et quand les internautes nous font remonter des infos et que nous on fait le travail derrière. On écoute aussi les questions et les suggestions d’articles qu’ils émettent. Il y a beaucoup d’interactions avec les internautes, par exemple lors des conférences de rédaction [elle a lieu tous les vendredis et un chat est organisé]
La critique vous a touché ?
Toute les critiques sont bonnes à prendre mais celle-ci je ne la trouvais pas pertinente. Rue89 est une coproduction entre journalistes et internautes. Chaque jour on passe tous une heure ou deux à répondre aux mails qui nous sont adressés et aux commentaires postés sur le site. Le participatif peut toujours être approfondi mais il est déjà présent.
Vous imaginez rester 10-15-20 ans à Rue89 ?
Pour l’instant oui, évidemment. Ce sont des conditions idéales de travail avec une indépendance de travail appréciable. Et puis on a envie d’écrire les papiers qu’on écrit, ce n’est pas forcément le cas partout. Ce qui ne nous empêche pas de beaucoup travailler. Le week-end, on travaille souvent de chez nous par exemple.
Et rejoindre une rédaction plus traditionnelle ?
[soupirs] J’ai des retours de confrères qu’on voit sur le terrain… Certains ont l’air de faire un travail très sympathique, d’autres beaucoup moins… Pour l’instant je ne me vois pas ailleurs et je n’ai pas du tout envie de quitter Rue89 … [hésitations] Mais en même temps, si je dis non, j’insulte le travail des journalistes qui bossent ailleurs. En fait je ne sais pas, je ne me pose pas la question, je suis très bien ici.
En janvier 2007, j’étais encore au CFJ [une école de journalisme] en deuxième année. Je devais faire un stage au Monde puis j’ai vu que Laurent, Pierre et Pascal avaient écrit sur leur blog qu’ils quittaient Libé pour fonder un nouveau site. Après plusieurs rendez-vous j’ai décidé de faire mon stage de février avec eux.
Et finalement vous êtes resté ?
Oui. Il n’y a pas eu de problème avec l’école puisqu’on devait faire des stages et des enseignements pratiques. La mise en ligne du site a été faite en mai. Faute de moyen, au départ, on travaillait sur nos ordis, dans la cuisine de Pierre Haski, l’actuel directeur de publication.
Quel bilan tirez-vous 18 mois après le lancement du site ?
On a réussi au moins à transformer l’essai du lancement. On souhaitait trois choses : proposer un agenda médiatique différent, faire de l’écriture multimédia avec vidéos, sons et écrits, et enfin créer une communauté participative autour d’internautes et d’experts. On a dépassé le million de visiteurs uniques en juillet [selon l’Institut Nielsen NetRatings ], ce qui valide notre travail.
Les salariés de Rue89 ont dû faire des efforts concernant leur rémunération. Quel est votre salaire ?
Au début on a tous commencé bénévolement lors du lancement du site. Personnellement tout avait été convenu avec les fondateurs : j’étais sous le statut de stagiaire jusqu’à la fin de mon école, donc de février à juin, et après je devenais salarié avec un salaire de 1.300 euros net. Je devais être augmenté un an plus tard, un an plus tard. Cela a été respecté et depuis juillet 2008, je gagne 1.500 euros net.
Certains estiment que contrairement aux annonces, le côté participatif n’est pas assez présent sur le site, notamment Michel Lévy-Provençal, l’un des fondateurs qui est rapidement parti…
Le participatif ne marche pas à la signature. Ce serait réducteur. A Rue89, il est présent dans les commentaires, dans l’interactivité avec le journaliste, et quand les internautes nous font remonter des infos et que nous on fait le travail derrière. On écoute aussi les questions et les suggestions d’articles qu’ils émettent. Il y a beaucoup d’interactions avec les internautes, par exemple lors des conférences de rédaction [elle a lieu tous les vendredis et un chat est organisé]
La critique vous a touché ?
Toute les critiques sont bonnes à prendre mais celle-ci je ne la trouvais pas pertinente. Rue89 est une coproduction entre journalistes et internautes. Chaque jour on passe tous une heure ou deux à répondre aux mails qui nous sont adressés et aux commentaires postés sur le site. Le participatif peut toujours être approfondi mais il est déjà présent.
Vous imaginez rester 10-15-20 ans à Rue89 ?
Pour l’instant oui, évidemment. Ce sont des conditions idéales de travail avec une indépendance de travail appréciable. Et puis on a envie d’écrire les papiers qu’on écrit, ce n’est pas forcément le cas partout. Ce qui ne nous empêche pas de beaucoup travailler. Le week-end, on travaille souvent de chez nous par exemple.
Et rejoindre une rédaction plus traditionnelle ?
[soupirs] J’ai des retours de confrères qu’on voit sur le terrain… Certains ont l’air de faire un travail très sympathique, d’autres beaucoup moins… Pour l’instant je ne me vois pas ailleurs et je n’ai pas du tout envie de quitter Rue89 … [hésitations] Mais en même temps, si je dis non, j’insulte le travail des journalistes qui bossent ailleurs. En fait je ne sais pas, je ne me pose pas la question, je suis très bien ici.


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