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Le liveblogging attire et fidélise l'internaute sur les sites d'information comme France24Lucie Thiery
Lundi 28 Novembre 2011
Parmi les participants de l'atelier « La fascination du live » qui s'est tenu aux Assises du Journalisme 2011 à Poitiers, la rédactrice en chef Internet et nouveaux médias de France 24, Karine Boyer, était présente pour partager sa vision sur cette nouvelle pratique.
Débats de la primaire socialiste, affaire DSK, tremblement de terre à Fukushima, on ne compte plus les événements qui ont fait l'objet d'un live sur les principaux sites de presse nationale. Une pratique qui entraîne une augmentation du trafic en ligne d'au moins 30 %.
Pour Karine Boyer, le live est une nouvelle façon de faire du journalisme. Il permet d'alimenter le site « en continu et de faire intervenir simultanément des sources différentes sur un événement qui était prévisible. Par exemple « lors des élections tunisiennes, nous avions anticipé, et une équipe de correspondants sur place alimentait le fil en continu avec des flux de formats variés [vidéo, photos, textes] ». Mais le live permet surtout de faire de la breaking news, ou actu chaude, dans 98 % des cas au moins. Créer un rapport privilégié avec l'internaute
Cette pratique attire de nombreux internautes et permet de les garder connectés plus longtemps sur le site. Le record a été atteint à l'occasion des conflits à Abidjan, en Côte d'Ivoire. « Nous avons comptabilisé 140 000 visites uniques en moins de 24 heures ». C'est aussi un moyen d'entretenir des relations plus privilégiées avec ses internautes. « Les commentateurs sont dans un rapport de proximité, ils ont l'impression de faire l'info et n'hésitent pas à interpeller les journalistes directement, en utilisant même le tutoiement ». Lors des événements en Egypte, certains posaient ainsi des questions à l'envoyé spécial de la chaîne présente sur la Place Tahrir en l'interpellant par son prénom, Karim (Hakiki, NDLR).
Du journalisme à l'état brut
On accuse souvent le live de ne relayer que de l'actualité brute, sans prise de distance ni analyse. Ce à quoi Karine Boyer répond que « lorsque nous sommes dans un temps d'actualité plus calme, il y a aussi de la place pour livrer une analyse de l'événement. Nous sommes aussi en capacité de nous arrêter à tout moment, du moins quand il n'y a plus d'actualité ». Contrairement aux chaînes d'information continue qui se voyait contraintes de faire des plateaux de situation cet été devant l'hôtel de Dominique Strauss Khan à New York alors même que cela n'apportait pas d'information.
Coveritlive et les autres
Côté outil, France24 a recours à Coveritlive. Mais pour des événements comme les débats de la primaire, le site privilégie l'utilisation de facebook, plus adapté. Quant à Twitter, c'est un outil qui permet d'alimenter les lives de France24. « Nous listons un répertoire de profils fiables et sérieux que l'on intègre directement aux lives ».
Les journalistes de la rédaction web appliquent également une procédure stricte de vérification des contenus partagés par les internautes. « Nous avons créé le site participatif les Observateurs dédié à la gestion et à la vérification des contenus amateurs ». Une rédaction de journalistes web sont spécialisés dans la traque aux fausses informations. Le contenu est ensuite agrégé par l'outil Storify. Le site a par exemple débuté un live, le 17 novembre, sur le mouvement Occupy Wall Street aux Etats-Unis. Pour autant, la rédactrice en chef n'envisage pas une spécialisation à terme de journalistes dans le live en particulier. Et pour elle, il est important d'appliquer les mêmes fondamentaux du journalisme au live. Lu 1157 fois
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