« Le dessin est refusé, je le publie sur mon blog ! »Guillaume Chièze
Lundi 2 Mars 2009
Jean-Louis Savignac, chroniqueur judiciaire et dessinateur de presse, pour différents journaux (l'Humanité, l'Yonne Républicaine, etc.) nous explique son passage à Internet via son blog.
J.L. Savignac. Photo: Diane Savignac
Pourquoi avoir créé un blog?
Quand j'ai crée ce blog il y a un an, c'était une façon pour moi de faire une carte de visite, de me présenter. Mais après ça a dérivé, et j'y ai mis des choses de façon hétéroclite, des dessins, des photos, des textes etc. Je ne suis pas fermé aux nouveautés, même à mon âge (59 ans) je me suis acheté une tablette graphique, car j'envisage de passer à ces technologies. Ce blog pourrait-il être utile pour publier des dessins refusés par la presse écrite? Avoir un dessin refusé de façon brutale, et disons le, censuré, c'est arrivé à tout le monde. Il y a des critères, si vous parlez de religion, ou de sexualité, vous avez de grandes chances que le dessin ne soit pas publié. C'est très vexant, car, comme le dit Baudelaire: « Dans une oeuvre, on laisse de sa personnalité ». Avec ce blog je peux me dire: « je vais faire chier tout le monde, je le publie! ». Plus généralement, venant de la presse écrite, comment percevez vous internet? Je suis méfiant, j'ai des copains qui se sont fait piquer des dessins. Mais je pense que c'est une bonne chose, ça permet aux gens de se rencontrer. Pour l'avenir de la presse écrite, je pense que rien n'est foutu, internet est un outil supplémentaire. Ça n'a pas révolutionné le siècle, mais ça a amené des choses extraordinaires sur le plan de la communication et des pratiques. Existe-t-il une communauté de bloggers dessinateurs de presse? Oui, il existe des communautés plus ou moins formelles. Le blog est une sorte de grande famille, on crée des associations avec les copains, et on se retrouve deux ou trois fois par an dans les festivals. Mais c'est l'état d'esprit du dessin de presse, et c'est paradoxal, car on est très individualistes dans notre métier mais on éprouve le besoin de se rencontrer. C'est pour ça qu'il y a des festivals comme celui de Saint-Just Le-Martel, ou de Palavas-les-flots où on se retrouve entre copain pour regarder passer les filles! Lu 1091 fois
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