Le PureLive de BeIN : La Social TV appliquée au sport


Antoine Beneytou
Lundi 14 Janvier 2013

Depuis le 10 août dernier, une nouvelle expérience de Social TV a vu le jour sur la nouvelle chaîne BeIN SPORT, filiale de groupe qatari Al Jazeera. Tous les vendredis soir, une rencontre du championnat de France de Ligue 1 est retransmise sur le canal BeIN Sport 2 de manière un peu particulière. Explications.


Tous les fans de football se sont déjà amusés à imiter les commentateurs sportifs devant leur écran. Désormais, sur le canal BeIN Sport 2, ils peuvent faire partager leurs impressions au plus grand monde. Pas de journalistes ni consultants ou de commentaires sonores sur ce canal, mais un son optimisé et un match intégralement commenté par les tweets des téléspectateurs. Dans le même temps la rencontre est diffusée de manière classique sur BeIN SPORT 1, avec commentateurs. Où en est cette expérience de Social TV cinq mois après son lancement ? Etat des lieux.

"Créer une communauté"

Comme l’indique Patrick Montel, journaliste sportif à France Télévisions : "C’est dans l’air du temps. L’idée est très novatrice et cela offre une façon différente de voir les matches. Il ne faut pas s’opposer au progrès".
L’idée a en effet séduit nombre de twittos, heureux de voir leurs messages apparaître à l’écran. Ainsi, la chaîne reçoit environ 20 000 tweets par match. Des commentaires d’abord triés par une plateforme, puis par un community manager et un journaliste : "On a eu de très bons retours indique François Kerrec, le community manager du PureLive. On a de plus en plus de monde le vendredi soir". "C’est une bonne initiative. Sur du sport, on n’a jamais vu quelque chose d’aussi poussé", indique le blogueur  Alexandre Prot.
Pour BeIN SPORT qui a effectué une véritable razzia sur les droits TV du football, il s’agit de se différencier de Canal +. "De plus, il y a une certaine cohérence" indique le blogueur Thomas Dutouquet de Blogoergosum. "Il n’y a pas que ce dispositif qui utilise Twitter et les hashtags. Dans l’émission 'Le club', toute la semaine, le présentateur Alexandre Ruiz fait réagir les invités aux messages des twittos".
Pour Alexandre Prot, il s’agit avec cette innovation de "faire parler de BeIN SPORT. Leur marque apparaît et ils ont des tweets garantis les soirs de match". Vincent Rousselet Blanc, du blog Enpleinelucarne.net, estime également que l’expérience vise à fidéliser les twittos téléspectateurs : "BeIN a besoin d’abonnés. Le community manager sélectionne les fidèles et ce sont souvent les même twittos qui sont diffusés à l’écran". François Kerrec confirme d’ailleurs cela : "le but c’est que les personnes reviennent le vendredi soir mais également toute la semaine. On est en train de créer une communauté".
Voici comment apparaissent les tweets à l'écran
Voici comment apparaissent les tweets à l'écran

En recherche d'intéractivité

Cependant, de l’avis de certains, l’expérience de Social TV pourrait être poussée beaucoup plus loin.
La critique la plus récurrente reposait notamment au début sur le manque d’interactivité:  "Pourquoi ne pas faire participer les consultants et les faire répondre aux tweets ?", demande Vincent Rousselet Blanc. Même son de cloche pour Alexandre Prot : "L’expérience pourrait être tentée avec des commentaires de journalistes qui reprendraient les tweets. Ou alors pourquoi ne pas poser les questions des twittos aux joueurs qui sont sur le banc de touche ?". La deuxième version du PureLive a dans ce sens était améliorée. Depuis le vendredi 15 novembre et le match Lorient-Lille, la chaîne peut répondre aux questions des twittos. Des informations sur le match sont également données à l’écran : "A la mi temps et à la fin du match on affiche des statistiques à l’antenne comme le top 3 des joueurs les plus cités dans les tweets explique François Kerrec. On demande également de donner une note au match. On peut répondre aux twittos pour avoir plus d’interactions et qu’ils se sentent écouter".

Un contenu pas toujours pertinent

Le journaliste de BeIN Alexandre Ruiz lors du lancement du PureLive
Le journaliste de BeIN Alexandre Ruiz lors du lancement du PureLive
Autre point noir : le contenu des tweets. Pour les personnes interrogées, les interventions des twittos n’apportent quasi rien à l’analyse du match. A ce sujet, Vincent Rousselet Blanc n’y va pas avec le dos de la cuillère : "C’est d’un vide intersidéral ! Cela n’apporte rien de voir à l’écran 'Allez Rennes' et en plus certains n’écrivent même pas français". Sur son blog, Alexandre Prot regrette également un "trop plein d’informations sur l’écran". "C’est la double peine lance à nouveau le directeur du blog Enpleinelucarne.net. Non seulement on a du mal à suivre le match et en plus ce n’est pas intéressant. D’autant plus que lorsqu’on regarde une rencontre sans connaître les compositions des équipes ce n’est pas évident. Et quoi qu’on en dise, les commentateurs sportifs font vivre le match. Là, on s’ennuie…"
Malgré les critiques, pour ces spécialistes, l’expérience doit s’améliorer et perdurer : "Cela va s’affiner et on débouchera sur des choses intéressantes estime Patrick Montel. De toute façon on ne peut pas occulter les réseaux sociaux". "Ils auraient tort d’arrêter le PureLive mais ce serait bête de ne pas l’améliorer", conclut Vincent Rousselet Blanc. 

Lu 1965 fois
Notez



           

Nouveau commentaire :
Twitter


Twitter
Rss
Podcast
Facebook

Amérique sur le ring, un webdoc des étudiants de l'EJDG. A retrouver sur lesinrocks.com

La campagne présidentielle vue par les étudiants de l'EJDG en partenariat avec le Dauphiné Libéré


Partager ce site


Inscription à la newsletter


Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs