Du tout gratuit au payant
Les moindres faits et gestes de Rupert Murdoch sont savamment observés par les acteurs des médias du monde entier. Il est à la tête de 175 journaux, de nombreuses chaînes de télévision dont la conservatrice Fox News, mais aussi d'industries du divertissement tels 20th Century Fox ou encore le site myspace. A 78 ans, l'homme ne recule pas devant le changement. L'année 2009 a été marquée par son revirement de position sur la question de la gratuité de l’information sur le web. D'abord attaché au maintien d’un accès totalement libre à ses sites de presse, il a officiellement changé d'avis l'été dernier : «[Le journalisme de qualité n'est pas bon marché. La révolution digitale a ouvert de nouvelles voies de distribution mais n'a pas rendu le contenu gratuit.
« Murdoch a fait ses comptes »
Le patron du Times anglais, du Sun, ou encore du New York Post teste un nouveau « business model » pour le web. « Murdoch a fait ses comptes » précise Patrick Eveno, historien spécialiste de l'économie des médias. La presse souffre depuis quelques années d'une évasion du lectorat. A cette crise structurelle, s'ajoute une conjoncture difficile liée à la crise financière et économique. Les États-Unis sont durement touchés, les recettes publicitaires des journaux y ont chuté de 28% pour l'année 2009. « La crise a accéléré la prise de conscience » ajoute l’historien. Celui-ci observe la presse depuis plusieurs années, et son jugement est sans appel. Il distingue le modèle économique applicable à la presse papier de celui propre à la presse en ligne : « Ce sont les lecteurs qui font vivre un journal papier, car ils sont attachés à son identité et l’achètent. Pour le web, cette logique s’inverse. C’est évident que les seules recettes publicitaires ne peuvent plus suffire à faire vivre un journal de qualité sur le web, à entretenir une importante rédaction. A titre d’exemple, au monde.fr, près de cinquante journalistes produisent le contenu. »
Le modèle du payant élargi à l'information grand public
Au printemps 2010, le site du Times anglais sera doté d’une partie payante, a annoncé Rupert Murdoch. Selon le spécialiste de l’économie, le patron de presse plonge dans l’inconnu en élargissant le nouveau modèle économique à des journaux grand public. L’expérience s’est avérée concluante avec un autre organe de presse de News Corp, le Wall Street Journal. La partie payante a été plébiscitée par les internautes. Mais ce journal économique s’adresse à une sphère bien particulière, celle de la finance. Les entreprises sont prêtes à payer pour obtenir cette information spécifique. Le Times quant à lui s’adresse à un lectorat plus large, habitué à lire gratuitement les articles du site Internet. L’année 2010 s’annonce donc cruciale. Les modèles économiques pour le web journalisme sont en pleine mutation. Les patrons de presse français scrutent d’un œil attentif les opérations lancées par Rupert Murdoch. A l’image de Libération, certains ont choisi d’instaurer un modèle hybride, le semi-payant. D’autres, comme le Figaro ont décidé de diversifier les sources de profits, en développant des activités commerciales via un véritable portail Internet.






















La Vie Immo a quitté le papier pour la Toile
