La presse régionale à l'école du webRétrospective 2009Adrien Blanc
Mercredi 3 Février 2010
Dans beaucoup de journaux locaux, ce sont les journalistes de l'écrit qui alimentent les sites web en brèves, articles, photographies, voire vidéos, en plus de nombreux services. Comment ont-ils été formés ? Réponse de trois journaux.L'Est Républicain s'y met progressivement
Le quotidien a fait le choix de ne pas avoir de rédaction dédiée à Internet. Mais il a des journalistes spécialisés : « Nous avons des journalistes bi-médias qui apportent de l'information à la fois pour le web et pour les téléphones portables. Ils disposent d'une douzaine de caméras et de smartphones » (des téléphones qui permettent de faire de la photo et de la vidéo) affirme Jean-Luc Antoine, rédacteur en chef du web.
Ces journalistes traitent l'information de dernière minute, en écrivant des alertes de dix lignes accompagnées d'une photo. Ils développent ensuite l'information dans un article de trente lignes accompagnées d'un diaporama ou d'une vidéo. Mais les autres journalistes ne sont pas dispensés du web. « En ce moment, nous sensibilisons tout le monde à ce support » explique Jean-Luc Antoine. « Nous avons organisé un appel d'offre pour une formation de deux ans pour les journalistes papier de la rédaction. C'est l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille qui l'a emporté. » Le Télégramme fait sa révolution
Le quotidien breton a fait parler de lui en étant un des premiers à former toute sa rédaction à la production de contenus pour Internet. Il a fait l'appel à l'IFRA, l'organisation mondiale de recherche et de services pour l'industrie de la presse, qui représente plusieurs milliers de publications. « Nous avons écoulé plus de 90 % des journées de formation » se félicite un responsable du journal. « Les journalistes ont joué le jeu. »
Ceux-ci sont invités à écrire indifféremment pour la version papier et pour la version web du journal. Cela, même si l'écriture est différente. La formation a notamment permis aux journalistes d'apprendre à écrire pour un site web, un blog ou Twitter. Pour faire de la vidéo, le journal s'est équipé de caméras légères M-95. « L'objectif de la vidéo, c'est de faire du document : une charge de CRS sur les pêcheurs qui bloquent le port ou Nicolas Sarkozy apostrophé par les pêcheurs, par exemple. » Enfin, la formation aborde l'organisation des entreprises de presse. « On demande aux journalistes de faire du pluri-média, ce qui représente plus de travail. Ils seront sous pression si on ne change pas leur façon de travailler. » Le Dauphiné Libéré patiente
« Je ne suis pas convaincu qu'il y ait un journalisme sur le web. Qu'ils écrivent pour le papier ou pour Internet, les journalistes écrivent de l'information. Je ne crois pas qu'il y ait une écriture spécifique au web » affirme Luis Pedro, responsable du multimédia du groupe Le Dauphiné. Le quotidien rhône-alpin n'a donc ni de rédaction dédiée au web, ni même de webmestre.
Le Dauphiné Libéré n'a pas non plus de formation à son ordre du jour. « Quelle est la légitimité d'un formateur web ? Il y a beaucoup de spécialistes auto-proclamés. Je crois que l'on peut faire sans formation et avoir de bons résultats » dit-il. Luis Pedro veut pour preuve le jeune Grenews, un média d'information qui se décline à la fois sur le papier, le web et en vidéo. « Sur le web, Grenews et le Dauphiné restent dans une phase d'expérimentation. On encourage les journalistes qui veulent participer sans forcer la main aux autres » assure Luis Pedro. En fait, le Dauphiné cherche toujours le modèle économique qui lui permettrait de rentabiliser sa présence sur le web. « En fonction des résultats d'audience du site, qui sont en constante progression, le directeur général décidera du système à mettre en place. » Alors, peut-être, parlera-t-on d'une stratégie de formation. Lu 372 fois
Nouveau commentaire :
Dans la même rubrique :
|
Internet fédère la diaspora iranienne
|
|
|
© journalismes.info - Ecole de journalisme de Grenoble (EJDG)
UFR des sciences de la communication - Université Stendhal Grenoble 3 |
||




















Sept réponses pour les journalistes citoyens
