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La place des journalistes en ligne vue du SNJMarie Vilain
Vendredi 2 Novembre 2007
Cette année encore, au Congrès du SNJ, la question était sur toutes les lèvres. Elle faisait l’objet d’une commission, posée dans ces termes : Révolution numérique : quelle place pour le journaliste ?
Bertrand Coudreau animait la commission consacrée à la presse en ligne
De toutes les commissions organisées pendant le Congrès 2007 du SNJ, c'est une de celles qui ont attiré le plus de monde. Parce que la question du journalisme sur Internet agite plus que jamais les premiers concernés, à savoir les journalistes. Qui ne semblent pas hostiles pour autant au développement de la presse en ligne. C'est le premier point du bilan que tirait Bertrand Coudreau, journaliste au Maine Libre, membre du bureau national du SNJ, et animateur de la commission. « Tout le monde y voit une évolution logique, une continuité. Aujourd'hui c'est surtout la presse écrite qui se sent menacée par Internet mais à long terme la radio et la télévision connaîtront le même sort. C'est pourquoi il faut réfléchir très vite à la place des journalistes dans ces nouveaux médias. »
Evolution
Au cours de la discussion, plusieurs inquiétudes se sont manifestées. La polyvalence, souvent exagérée. Ecrire, photographier, filmer, mettre en ligne, certains s'imaginent qu'ils devront bientôt maîtriser toutes ces compétences pour continuer à travailler. D'autres craignent plutôt de voir évoluer le métier vers du secrétariat de rédaction, à force de « journalisme citoyen ». Ils dénoncent par conséquent le risque d'une dégradation de la qualité du traitement.
Les blogs, les sites de presse participatifs, font un peu peur à ceux à qui l'ont parle de plus en plus du passage à Internet. Sur le web, ils se trouveront face à la concurrence du grand public. Et craignent de ne pas y résister. Benoît Raphaël, que nous avons interrogé par ailleurs, est rédacteur en chef de lepost.fr, un site d'expérimentation édité auprès du Monde interactif, qui propose au moins autant d'articles rédigés par des internautes que par des professionnels. Au risque de voir la profession disparaître ? « Au contraire, je crois qu'on aura besoin de plus en plus de journalistes. Simplement ils devront s'adapter à un nouveau rôle sur le web : trier et corriger les infos fournies par les internautes. Un peu comme un secrétaire de rédaction avec les textes des correspondants. Vous imaginez que s'il y a 70 millions de correspondants en France, les journalistes vont avoir du travail ». Appropriation
Tout le monde ne partage pas cet avis. Sur liberation.fr, dont Ludovic Blecher est rédacteur en chef, les internautes ont la possibilité de réagir aux articles en laissant des commentaires sur le site, mais pas de produire l'info : « Ils participent autrement, via les blogs qui sont destinés aux personnes qu'on souhaite valoriser : des spécialistes, des experts, des journalistes, tous ceux qui peuvent apporter une plus-value aux l'informations. Sur le web les professionnels hiérarchisent les informations, leur travail correspond plutôt à celui des directeurs de publications. »
Et à entendre plusieurs intervenants au cours de la commission, cette hiérarchisation de l'information par des professionnels est une très bonne chose. Car certains s'inquiètent de la politique adoptée dans des sites des journaux papiers. Parfois les journalistes n'interviennent pas du tout. Les techniciens se chargent de simplement transférer leurs productions sur Internet. Pendant la commission certains y voyaient un moyen pour les patrons de presse de contrôler le choix de l'information. De cette commission on ressortait avec une seule certitude : sur le web, tout est à faire pour les journalistes. Bertand Coudreau concluait: « Ils ont besoin d'être formés, il faudra de véritables moyens humains, et surtout il est impératif de définir des statuts pour ces nouveaux métiers. Les journalistes doivent absolument mettre la main sur le multimédia. » Lu 1311 fois
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