« Je pensais qu’Internet était un joujou dont on se serait vite passé... »


Hélène Lancial
Dimanche 13 Mars 2011

Philippe Vincent-Chaissac, rédacteur en chef du journal mensuel L’Echo du Pas-de-Calais est journaliste depuis 1979. En trente ans, il a vu son métier évoluer, notamment avec l’arrivée d’Internet.


« Je pensais qu’Internet était un joujou dont on se serait vite passé... »
Dans son bureau sombre et encombré, Philippe confie qu’il a mal vécu l’arrivée d’Internet : « Quand j’ai commencé à travailler, on avait une machine à écrire pour cinq journalistes, aujourd’hui ça n’a plus rien à voir ». Philippe a toujours été localier et le Pas-de-Calais, il le connaît presque comme sa poche. La proximité est la chose la plus importante dans son travail : «  Je considère que j’ai un rôle de lien social entre les différentes composantes du territoire ». 
Mais depuis 1998, date de création du site Internet echo62.com il a dû faire évoluer l’organisation du travail au sein du journal. Un webmaster a été embauché spécialement pour mettre sur pied le nouveau média. «  Les blogs n’existaient pas à cette époque et la création d’un site Internet nécessitait un vrai savoir-faire ». 

Un outil aux atouts incontestables

Le journaliste voyait Internet avant tout comme une vitrine : «  Au début, je pensais qu’Internet était un joujou dont on se serait vite passé, j’avais tort ». Il explique que le vrai problème c’était son défaut de maîtrise. 
Depuis Internet est devenu un véritable espace de liberté qui a compensé sa frustration du fait de travailler dans un mensuel et de ne pouvoir diffuser l’information que de manière décalée. Aujourd’hui Philippe est formel : Internet est un outil qui permet de valoriser son travail mais qui demande aussi de trouver le bon ton d’écriture : « Il faut écrire court mais pas seulement car les lecteurs vont aussi sur les sites internet pour aller plus loin, pour en savoir plus ».  Et puis Philippe se définit aujourd’hui comme un grand consommateur d’Internet tant comme support de ses articles que pour ses recherches : « Je me suis beaucoup intéressé à la Réforme Territoriale et clairement les informations précises qui m’ont permis de comprendre ce qu’elle représentait se trouvaient uniquement sur le Net, les éléments et débats diffusés à  la Télé ou à la radio étant soit superficiels soit orientés ». 

Un blog à son actif, il ne croit pourtant pas à la disparition du format papier

Philippe a créé un blog consacré à Burbure, le Burbure’s blog. « Burbure est un bourg de quelque 3000 habitants avec lequel j’ai beaucoup d’affinités pour diverses raisons et je trouvais qu’il y manquait du lien social, la presse traditionnelle n’y a pas fait son travail ». 
Pour autant Philippe se rend bien compte qu’il ne fait pas exception : «  Beaucoup de journalistes qui exercent leur métier ont envie d’apporter plus grâce à des blogs, je crois vraiment que ça répond à un manque, que les journalistes n’arrivent plus à s’exprimer comme ils le voudraient à cause notamment des contraintes économiques ». 
Quand arrive la question de l’avenir de la presse, Philippe est catégorique : le format papier perdurera, le côté matériel est selon lui essentiel. Et il est persuadé que les reportages de fond se trouveront toujours sur papier.

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Tags : blog, PQR


           

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