Internet, format rêvé pour le dessin de presse?Sarah Lachhab
Dimanche 22 Novembre 2009
Bientôt deux ans qu’il publie ses dessins de presse sur Internet. Martin Vidberg, instituteur et dessinateur, illustre l'actualité sur son blog l’actu en patates, qui attire entre 20 000 et 50 000 visiteurs uniques chaque jour. Rapide, humoristique, efficace, le dessin de presse semble s'adapter parfaitement au support Internet.
Comment le blog l’actu en patates est-il né ?
À partir du moment où j'ai eu envie de dessiner régulièrement sur l'actualité, j'ai ressenti le besoin de « publier » sur une plateforme en rapport avec le sujet. Plusieurs sites d'actualités proposent des plateformes blogs à leurs abonnés, par hasard ou par chance, lemonde.fr cherchait justement un dessinateur à mettre en avant sur leur plateforme de blogs. Je ne pouvais pas mieux tomber ! Faites-vous une différence entre les dessins publiés sur votre blog et ceux qui paraissent dans un journal ? La démarche est complètement différente : sur mon blog, je choisis les thèmes, la façon de les traiter et l'heure de publication. En presse, je travaille sur des thèmes imposés et je dois régulièrement orienter ou modifier mes dessins en fonction des exigences du rédacteur. J'aurais évidemment tendance à préférer le confort du blog mais je dois reconnaître qu'il est parfois utile de profiter d'un regard extérieur. Il m'arrive même de soumettre de moi-même des idées de dessins un peu limites aux journalistes du monde.fr quand j'ai besoin d'un avis. Que vous apporte le fait de publier des dessins de presse sur Internet ? Ce n'est pas encore un support « naturel » pour les dessinateurs en général. Pour moi qui dessine depuis longtemps sur Internet, c'est simplement mon espace de publication habituel, beaucoup plus que le support papier. Cela m'apporte donc « tout » : mes contacts professionnels, mes revenus, des travaux d'illustration et même mes albums de bande dessinée sont nés grâce à Internet. Quels sont les médias que vous préférez ? Lesquels sont les plus « utiles » à votre blog ? Je m'informe essentiellement grâce à Internet, encore une fois, un peu également en écoutant la radio. La télévision ne m'apprend jamais rien, l'information y étant beaucoup trop résumée et surtout généralement périmée par rapport aux sites qui suivent les évènements à la minute. Je lis la presse par goût et pour approfondir après coup ma connaissance des sujets qui m'intéressent mais je n'en tire que très rarement des sujets de dessin.
Comment choisissez-vous d’illustrer ou non une actualité par un dessin de presse ? En gros, comment naît une actu en patates ?
Il y a trois critères : le temps dont je dispose pour faire un dessin, le potentiel humoristique d'un sujet et la densité des informations du jour. Quand j'ai le temps et qu'aucun grand sujet ne bouscule la Une des journaux, j'aime dessiner sur des faits de société, parfois de véritables planches de bande dessinée qui peuvent être relues plusieurs mois après leur parution. Quand un sujet écrase tous les autres, j'essaye toujours de le traiter et sinon, mon choix se porte sur ce qui m'amuse, selon l'inspiration. J'essaye toujours de provoquer au moins un sourire chez le lecteur, certains thèmes particulièrement graves sont donc sous représentés sur mon blog. Quel est le personnage politique le plus intéressant à traiter dans un dessin de presse ? Celui qui tire la couverture médiatique est toujours plus facile à mettre en scène parce qu'il cherche de lui-même à provoquer l'opinion publique. C'est donc souvent le président de la République ou les figures emblématiques des différents partis. Il est toujours plus difficile de parler d'un thème ou d'un sujet que les lecteurs ne connaissent pas bien. N’êtes-vous pas trop « drôle » pour le Monde ? Une place pour l’actu en patate dans l’édition papier du Monde est-elle envisageable ? Je n'ai aucun contact avec l'édition papier du Monde, il s'agit de deux structures assez différentes. Je n'ai pas cherché non plus à les contacter : j'ai tendance à penser que mes dessins n'ont pas la portée de ceux de Plantu par exemple et sont plus adaptés à Internet. Je suis effectivement probablement trop « drôle » (ou plutôt pas assez « sérieux ») pour l'édition papier. Lu 3042 fois
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