Google, l’éternel affaméMaxime Bacquié, Mathieu Brandely, Fabien Touati et Clément Robin
Mercredi 25 Janvier 2012
Se dirige-t-on vers une oligarchie du web? À voir l’expansion des mastodontes Facebook et Google on peut se poser la question. Chacun à leur manière attirent irrémédiablement dans leurs griffes les internautes grâce à des stratégies bien rôdées. A la base, les deux géants du web se concentraient sur leur fonction de support, de relais sur le web, mais Google semble avoir revu sa stratégie et se penche sérieusement sur l’idée de produire son propre contenu.
Le flot d’informations qui se déverse sur le web ne peut désormais échapper à Google tant la firme californienne est présente sur Internet. Pour les journalistes, Google est devenu une mine d’informations. Plus que cela, il sert maintenant de relais voire de vitrine suivant les usages et les intentions des journalistes. Google semble donc avoir pris un temps d’avance sur son concurrent par sa diversité et sa richesse.
Créé en 1998 par Larry Page et Sergey Brin, l’expansion est fulgurante en grande partie grâce à son moteur de recherche, devenu une référence sur le web. Google se donne comme mission «d'organiser l'information à l'échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile». Face au flot d’informations qui se déverse chaque jour sur le net, le moteur de recherche permet de faire un tri et de donner des repères aux utilisateurs. Aujourd’hui, impossible de passer à côté de Google. Il accompagne les internautes, et notamment les journalistes dans leur recherche d’informations et dans leur production quotidienne. Après la messagerie (Gmail), la carte (Google map), le navigateur (Google Chrome) ou le traducteur (Google translate), le moteur de recherche s’est lancé le défi de créer son propre réseau social pour venir marcher directement sur les plates-bandes de Facebook. Contrairement à Facebook qui mélange tous les amis sans pouvoir véritablement les trier, Google + permet de classer les contacts dans différents groupes créés. Cela permet de filtrer ses informations et ainsi de créer des sphères d’importance pour la diffusion de contenus. Cela touche directement à l’intérêt des réseaux sociaux comme relais de l’information et donc comme outil journalistique. Détrôner Facebook
Si Google+ est séduisant et pratique, il va devoir éviter le syndrome de la coquille vide qui touche aujourd’hui Google Buzz. Ce dernier était un réseau social conçu à la base pour s'intégrer à Gmail. Il permettait d'envoyer des messages courts en y intégrant facilement photos, vidéos ou liens. Google Buzz permettait aux utilisateurs de partager publiquement ou en privé ces petits messages, mais aussi d'importer des informations depuis Picasa, Google Reader, Flickr ou encore Twitter. Mais à la fin du mois d'octobre 2011, la direction de Google a annoncé la fin de Google Buzz.
Le développement de Google + semble être un succès pour le moment puisqu’en terme de visiteurs uniques par mois, Google + a dépassé Twitter en moins de trois mois d’existence. La prochaine étape est de se rapprocher de Facebook. Cela prouve en tout cas que Google ne veut rien céder à son concurrent direct. À travers un usage plus professionnel de ce réseau, l’entreprise américaine mise notamment sur le web journalisme. Google relance sa télévision
Google tisse donc sa toile, année après année, pour élargir son offre de services et toucher ainsi tous les internautes et les professionnels de l’info. Il y a un an, Google lançait sa propre TV mais elle n’a pas trouvé sa place parmi les nombreuses offres de TV par Internet. Loin de s’avouer vaincu, les créateurs ont revu leur système afin de simplifier l’interface. Cet exemple montre combien Google tient à ne laisser aucune miette à ses concurrents. Chaque niche compte et pas question pour l’entreprise américaine de laisser un domaine d’activité sur le net sans poser sa patte dessus. Pour l’heure, Google TV ne concerne que les États-Unis. Le service devrait passer à l'assaut de l'Europe en 2012. Mais Gilles Tanguy ne croit pas au succès d’une telle offre en France. "On a déjà le système des Box en France donc je ne vois pas ce que pourrait apporter l’offre de Google chez nous", explique l’auteur du blog TechBiz. Google TV souhaite s'inscrire dans la durée avec à terme l’intention de prendre une place à côté d’Apple et Microsoft. Pour l'instant, seuls des téléviseurs de Sony intègrent directement Google TV. Samsung et Vizio devraient, eux, intégrer le système dans leurs téléviseurs l'an prochain. Il reste cependant un facteur que Google ne contrôle pas: les contenus des câblo-opérateurs. Ces derniers, comme l'industrie musicale avant eux, sont terrorisés à l'idée de voir Google, après Apple et Microsoft s'inviter dans le salon. Par exemple, certains sites qui permettent de regarder gratuitement des séries sur son PC au lendemain de leur diffusion, sont bloqués sur Google TV.
Il reste donc des points à revoir pour que Google TV trouve sa place dans le paysage audiovisuel. La question des contenus culturels et informationnels est le grand enjeu de Google pour véritablement asseoir sa suprématie sur le web. "Google va être amené à faire du mécénat. Le groupe doit redorer son image et avec ses moyens importants il peut aisément payer pour se procurer son propre contenu", conclut Gilles Tanguy. Lu 706 fois
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