(DR) Pour Gilles Luneau, il faut « soustraire l'information à l'argent »
En quoi Global Magazine se différencie-t-il d’un autre site d'informations?
Global Magazine est avant tout un média citoyen. Nous ne sommes pas militants d’une cause, nous sommes militants de l’information. Tout a commencé en 1999 alors que je couvrais une manifestation à Seattle pour le Nouvel Observateur. L'événement m’a marqué, et bien que j’aie écrit quelques chroniques sur le sujet, il m’a été impossible d’avoir un suivi sur le long terme. J'étais vraiment frustré! J'ai donc eu l'idée de créer un magazine papier. J’ai alors réuni une équipe de journalistes, eux aussi épuisés par la difficulté à faire leur métier. Puis, j’ai démarché des grands groupes de presse pour financer le magazine, mais le tour de table n'a pas marché. C’est alors qu’on a repensé complètement le journal et on a eu l’idée de créer un site. Aujourd'hui, l'équipe compte un noyau dur de 25 personnes, et nous sommes tous bénévoles.
Global Magazine est avant tout un média citoyen. Nous ne sommes pas militants d’une cause, nous sommes militants de l’information. Tout a commencé en 1999 alors que je couvrais une manifestation à Seattle pour le Nouvel Observateur. L'événement m’a marqué, et bien que j’aie écrit quelques chroniques sur le sujet, il m’a été impossible d’avoir un suivi sur le long terme. J'étais vraiment frustré! J'ai donc eu l'idée de créer un magazine papier. J’ai alors réuni une équipe de journalistes, eux aussi épuisés par la difficulté à faire leur métier. Puis, j’ai démarché des grands groupes de presse pour financer le magazine, mais le tour de table n'a pas marché. C’est alors qu’on a repensé complètement le journal et on a eu l’idée de créer un site. Aujourd'hui, l'équipe compte un noyau dur de 25 personnes, et nous sommes tous bénévoles.
Pourquoi avez-vous décidé de vous financer par une fondation?
J’ai commencé à travailler en 1971 et je peux dire que le poids de l’argent sur l’information n’a jamais été aussi fort. Nous souhaitons scinder le lien économique de la production de l’information. L’idée de la fondation, j’ai été la chercher aux Etats-Unis. Je me suis inspiré de ProPublica, que l'on a par ailleurs contacté pour comprendre comment ils fonctionnent.
Le site de Global Magazine, gratuit jusque début février 2012, est avant tout un « journal du questionnement »
Concrètement, en quoi consiste ce mode de financement?
Le site est en libre accès pendant 100 jours [à compter du 1er novembre] afin de permettre aux internautes de le découvrir. Puis, il deviendra payant [bien que le dernier article publié sera toujours accessible gratuitement] et des abonnements sur trois mois seront possibles. Mais l’originalité de notre démarche réside dans la mise en place de l’abonnement définitif : un don de 80 euros permettra d’avoir accès au site « à vie ». L’objectif, c’est de réunir 120.000 dons afin d’avoir un capital que l’on placera à la banque. Nous nous financerons alors sur les rentes de ce capital. Pour nous, c’est un système pérenne car on n’a pas besoin de faire du ré-abonnement chaque année. On ne dépendra ainsi plus des ventes au numéro! On se donne 5 ans pour y parvenir. Aux Etats-Unis, il existe déjà quatre fondations de ce type, mais les dons privés font partie de la culture anglo-saxonne. C’est donc un vrai pari car nous sommes les premiers à faire ça en France!
Comment pensez-vous atteindre l'objectif des 120.000 dons?
Comment pensez-vous atteindre l'objectif des 120.000 dons?
Nous essayons de nous faire connaître principalement par le bouche-à-oreille et le réseautage. J'ai été agréablement surpris par le relai des journalistes, comme par exemple Hervé Kempf [journaliste au Monde]. Notre cible, ce sont les curieux, les citoyens. Je pense d'ailleurs qu'il y a aujourd'hui beaucoup de citoyens-lecteurs frustrés! De par l'abonnement à vie, nous instaurons une relation particulière avec celui-ci en créant une communauté qui pourra participer à notre réflexion sur le monde. Il y a ainsi une cohérence entre la philosophie du magazine et son mode de financement.


Fil d'info


















Place Gre'Net, un "Mediapart" à Grenoble







