Faut-il supprimer définitivement les commentaires ?


Cécile Dubois
Mardi 17 Février 2009

Le commentaire fait désormais partie intégrante de la Toile, voire du web-journalisme. Certains sujets sensibles peuvent susciter des centaines de contributions. Sont-elles toujours pertinentes ? La question s’est posée avec acuité autour du conflit israélo-palestinien. Elle mérite sans doute une réflexion plus générale.


Le rêve interactif serait-til en train de virer au cauchemar ?
Le rêve interactif serait-til en train de virer au cauchemar ?
Dérapages, débats enflammés, propos outranciers ou simplement slogans inutiles : les commentaires sur Internet ont pris avec la guerre à Gaza une ampleur rarement atteinte. Conséquence : certains sites ont choisi purement et simplement de les supprimer. Mais les difficultés pointées à cette occasion ne datent pas d’hier. Elles se posent de manière permanente, même si les sujets sensibles les font émerger avec plus d’évidence.

Laisser aux lecteurs la possibilité de s’exprimer sur les articles publiés sur Internet. Donner naissance, peut-être, à des médias interactifs. Lancer des débats constructifs, plus riches. Le rêve participatif a du bon : mais la réalité s’avère parfois décevante. En temps normal, les modérateurs suppriment jusqu’à 10% des contributions (60% pour les thèmes plus délicats), comme le révèle Libération. Exit donc les réactions « inacceptables » (racistes, violentes,…) : bref, contradictoires avec la loi et avec les chartes des commentaires, dont Rue89 donne un bon exemple. Pour autant, tout ce qui reste n’est pas de l’or. Au point parfois d'énerver blogueurs et commentateurs eux-mêmes.

Déboires du rêve participatif

Prenons un exemple concret : la controverse née au mois de novembre autour de la photo de Rachida Dati retouchée par Le Figaro. L’affaire a suscité pas moins de 433 commentaires sur le site du quotidien, et 247 sur le site de L’Express qui a révélé le scandale. Soit 680 au total : voilà qui promettait un débat fourni et animé. Dans les faits, les contributions sont pour la plupart soit redondantes (d’autant que les contributeurs ne prennent pas tous la peine de lire ceux qui les ont précédés), soit carrément hors-sujet (voir le nombre de réponses de L’Express pour expliquer que l’article ne s’attaque pas à proprement parler à la Garde des Sceaux, mais à la bourde du Figaro). Sans parler des fautes de syntaxe et d’orthographe, qui peuvent rendre illisibles certaines productions.

Hiérarchiser les commentaires pour un débat plus riche.

Le challenge des sites participatifs : mieux valoriser les commentaires pertinents.
Le challenge des sites participatifs : mieux valoriser les commentaires pertinents.
Certains apports ne sont pas, il est vrai, complètement dénués d’intérêt. Simplement, comment les remarquer quand ils sont noyés dans la masse ? Le classement par ordre chronologique ne valorise pas ces contenus. Parade de Rue89 : proposer aux internautes de noter articles et réactions pour « repérer instantanément ce que les visiteurs de Rue89 ont apprécié. Les commentaires les moins bien notés sont repliés. Il est toujours possible de les ouvrir d'un clic. Les notes doivent être attribuées en fonction de la pertinence, non en fonction de votre degré d'accord ».
Peut-être alors serait-il judicieux de faire apparaître en premier les contenus les mieux notés ? Un classement par pertinence permettrait ainsi d’améliorer les contenus participatifs... et donc la qualité du débat.

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