Facebook : un nouvel outil pour les journalistes ?


Fatima Rougi
Mardi 12 Mai 2009

Facebook, réseau social des plus connus qui rassemble plus de 200 millions de membres à travers la planète, permet certes de rester en contact avec ses amis et de s’en faire de nouveau mais le chroniqueur de France Info en a trouvé une toute autre utilité. David Abiker nous dit tout de son utilisation de Facebook, un outil journalistique comme les autres.


Facebook : un nouvel outil pour les journalistes ?
Quelle utilisation faites-vous de Facebook ?
J’en fais d’abord un usage personnel mais qui reste très marginal, puisque afficher mes photos de vacances et tout ça ne m’intéresse pas. Par contre ça peut être une vitrine personnelle : cela me permet de faire la promotion de mon activité sur France Info et de mon activité professionnelle en général. En ce moment, par exemple, ma photo de profil est la couverture de mon nouveau livre.
Ensuite, et c’est là surtout que réside mon usage le plus important, je m’en sers pour compléter les réactions des infonautes laissés sur le " " " " . C'est-à-dire que je pose une question aux internautes de France Info et je pose la même aux internautes de Facebook. En sachant que je me sers davantage des commentaires laissés par les auditeurs sur le site de la radio que ceux laissés par mes quelques 3500 « amis ». Je me sers de cet outil assez naturellement .

Depuis combien de temps vous en servez-vous, et comment vous est venu l’idée d’en faire un outil de travail ?
Ça fera deux ans en septembre que je me sers de Facebook. Au départ je me suis mis sur ce réseau social pour faire comme tout le monde et j’ai vite trouvé que ça ne me servait à rien. Et puis quand les auditeurs de France Info ont commencé à me demander comme ami après m’avoir écouté à la radio, je me suis mis à en faire un usage journalistique. Je m'en sers donc principalement pour mes chroniques radio de France Info.

Facebook : un nouvel outil pour les journalistes ?
Et que vous apporte exactement cet outil dans le cadre de votre travail ?
Grâce à ce site j’ai trouvé pas mal d’invités pour mes chroniques radio. Cela me permet de trouver des experts ou des témoins, que ce soit pour l’antenne ou les autres médias pour lesquels je travaille*. Ainsi quand j’ai besoin d’un invité particulier je poste comme statut Facebook : « David Abiker cherche un psychologue du sport », ou encore « David Abiker cherche un spécialiste d’Internet » et ça marche assez bien. Ça me permet aussi d’avoir des réactions sur des questions précises : « que pensez-vous des antennes relais ?», « mangez-vous de la viande tous les jours ? ».
Mes Facebook Friends peuvent aussi me proposer une actu ou un buzz à traiter. Et dans ce cas là, Facebook peut être une source d’information.
Enfin, observer Facebook est assez intéressant. Cela permet de voir comment réagissent les gens à des faits divers. Ainsi dernièrement après le meurtre de deux français à Londres, la page Facebook d’une des deux victimes a accueilli les messages d’adieux des proches et des internautes. Des groupes Facebook ont même été crées. Les groupes Facebook peuvent parfois mettre en valeur des questions de société.

Comment est perçue cette utilisation par vos collègues ?

Ils trouvent cela intéressant, dernièrement un journaliste de l’Equipe voulait savoir quel usage je faisais de Facebook et ça m’a valu aussi des invitations à quelques émissions dont Arrêt sur image.

* David Abiker est également journaliste pour Marie Claire, Femme Actuelle et GQ

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1.Posté par ldupin le 13/05/2009 17:15
Il se trouve que j'ai croisé David par ce biais, et suis allé au micro de son émission, un matin de décembre dernier ;-) Mais j'avoue que depuis, je suis nettement plus réservé sur cette pratique, en ayant observé David et d'autres journalistes connus sur FB.
Attention à ne pas tomber dans le principe du "réservoir à idées et contenus", gratuit, dans lequel on finit par piocher automatiquement. Sans soi même rien donner ni partager. Le web et le web 2.0 ne sont pas de simples supplétifs à la grande presse "classique", des "assistants de rédaction" virtuels pour équipe qui n'ont plus les moyens d'en embaucher...
On a actuellement aussi le même soucis avec la vision des blogs par la presse classique : de simples écrans gratuits à ajouter à son site de presse, pour nourrir son contenu à peu de frais... C'est une stratégie à très courte vue.

2.Posté par Adrien le 16/05/2009 19:45
La recherche de sources sur les réseaux sociaux (crowdsourcing) fonctionne aussi sur Twitter. A voir : The Journalist's guide to Twitter, où des journalistes américains racontent comment ils utilisent le micro-blogging pour s'informer et informer.

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