Les opposants au pouvoir s'emparent des réseaux sociaux
Alors que les médias officiels sont baillonés, les journalistes étrangers expulsés, RFI et BBC Moyen Orient parasités, les iraniens se tournent vers le net pour organiser la contestation et montrer au monde les exactions du pouvoir.
Twitter, « La révolution ne sera pas télévisée, elle sera twitterisée »
« La police anti-émeute encercle l'université de Téhéran. Ahmadinejad est à la télé. Je ne regarderai pas sa propagande. Les informations ne sont pas là. J'écoute la rue ». Ce message a été posté en anglais par Jadi, un internaute Iranien au mois de juin dernier. Comme lui, des centaines d'opposants iraniens utilisent cet espace virtuel. Il faut organiser la résistance et diffuser des informations sur les affrontements avec la police et les partisans du leader ultra-conservateur réélu Mahmoud Ahmadinejad. Quelques jours après l'élection contestée, Twitter repousse une opération de maintenance nécessitant une interruption de service de 90 minutes à la demande du gouvernement américain. Raison officielle : Twitter « joue un rôle important » pour la communication des manifestants. Grâce à ce geste envers les opposants, Twitter est devenu aux yeux du monde entier l'emblème de la révolte iranienne. Seul hic pour celui qui y cherche des informations : comment faire la différence entre sources fiables et intox, comment savoir qui poste, et si l’émetteur du message est vraiment en Iran. Il faut donc vérifier la provenance du message, ou connaître celui qui l'émet avant de lui accorder une crédibilité.
Twitter, « La révolution ne sera pas télévisée, elle sera twitterisée »
« La police anti-émeute encercle l'université de Téhéran. Ahmadinejad est à la télé. Je ne regarderai pas sa propagande. Les informations ne sont pas là. J'écoute la rue ». Ce message a été posté en anglais par Jadi, un internaute Iranien au mois de juin dernier. Comme lui, des centaines d'opposants iraniens utilisent cet espace virtuel. Il faut organiser la résistance et diffuser des informations sur les affrontements avec la police et les partisans du leader ultra-conservateur réélu Mahmoud Ahmadinejad. Quelques jours après l'élection contestée, Twitter repousse une opération de maintenance nécessitant une interruption de service de 90 minutes à la demande du gouvernement américain. Raison officielle : Twitter « joue un rôle important » pour la communication des manifestants. Grâce à ce geste envers les opposants, Twitter est devenu aux yeux du monde entier l'emblème de la révolte iranienne. Seul hic pour celui qui y cherche des informations : comment faire la différence entre sources fiables et intox, comment savoir qui poste, et si l’émetteur du message est vraiment en Iran. Il faut donc vérifier la provenance du message, ou connaître celui qui l'émet avant de lui accorder une crédibilité.
Youtube : une martyre nommée Neda
Avec le site de partage de vidéo, les iraniens ont dénoncé la répression du régime et montré au monde sa violence. Ils ont posté des films des manifestations réalisés avec leur téléphone portable ou leurs appareils photos. Sur Youtube, une vidéo montrant la mort en direct d'une jeune étudiante sous les coups de bassidjis a fait le tour du monde. Abattue lors d'une manifestation à Téhéran, elle est devenue le visage de la lutte contre le régime d'Ahmadinejad. Sur Youtube, la chaîne Moussavi11388, du nom de l'un des deux candidats réformateurs rassemble une trentaine de vidéos montrant les manifestations et la répression policière qui y sévit.
Avec le site de partage de vidéo, les iraniens ont dénoncé la répression du régime et montré au monde sa violence. Ils ont posté des films des manifestations réalisés avec leur téléphone portable ou leurs appareils photos. Sur Youtube, une vidéo montrant la mort en direct d'une jeune étudiante sous les coups de bassidjis a fait le tour du monde. Abattue lors d'une manifestation à Téhéran, elle est devenue le visage de la lutte contre le régime d'Ahmadinejad. Sur Youtube, la chaîne Moussavi11388, du nom de l'un des deux candidats réformateurs rassemble une trentaine de vidéos montrant les manifestations et la répression policière qui y sévit.
Flickr : les images de la contestation
Sur le site d'images libres de droit, les opposants iraniens publient les photos dont les plus marquantes sont reprises dans les médias du monde entier. Parmi les neuf milliards de photos recensées sur le site, plusieurs dizaines de milliers s'affichent lorsqu'on tape « Iran protests » dans le moteurs de recherche. Mais seule une minorité d'entre elles ont réellement été prises lors des manifestations de juin 2009. En fouillant les archives, on s'est rendu compte que certaines photos montraient d'autres manifestations ayant eu lieu dans d'autres pays du Moyen-Orient.
Sur le site d'images libres de droit, les opposants iraniens publient les photos dont les plus marquantes sont reprises dans les médias du monde entier. Parmi les neuf milliards de photos recensées sur le site, plusieurs dizaines de milliers s'affichent lorsqu'on tape « Iran protests » dans le moteurs de recherche. Mais seule une minorité d'entre elles ont réellement été prises lors des manifestations de juin 2009. En fouillant les archives, on s'est rendu compte que certaines photos montraient d'autres manifestations ayant eu lieu dans d'autres pays du Moyen-Orient.
La blogosphère raconte les détails
Elle compte environ 60 000 blogs actifs pour 21 millions d'internautes (soit un tiers de la population). Parmi eux, plusieurs centaines sont ceux d'opposants. Permettant des formats plus longs que les 140 caractères maximum de Twitter, les posts de blogs fournissent de véritables récits des évènements vécus en Iran. Parmi les plus actifs lors des évènements de juin 2009, le blog Tehran 24 pour ses photos, et celui de Pedestrian, une étudiante qui raconte ce qui se passe à l'université de Téhéran.
Elle compte environ 60 000 blogs actifs pour 21 millions d'internautes (soit un tiers de la population). Parmi eux, plusieurs centaines sont ceux d'opposants. Permettant des formats plus longs que les 140 caractères maximum de Twitter, les posts de blogs fournissent de véritables récits des évènements vécus en Iran. Parmi les plus actifs lors des évènements de juin 2009, le blog Tehran 24 pour ses photos, et celui de Pedestrian, une étudiante qui raconte ce qui se passe à l'université de Téhéran.
La contre-attaque des autorités iraniennes
Pendant que les « anti-président » s'emparent du Net, le gouvernement iranien organise la riposte. Délation, filtre, surveillance des mails, fausses informations sur Twitter, les autorités ont très vite compris que l'outil web était à double tranchant. Elles se transforment en Big Brother d'Internet.
Des moyens de contrôle hyper sophistiqués
Pour traquer les opposants sur la Toile et bloquer les sites qui le dérange, le gouvernement iranien dispose d'un des systèmes les plus élaborés au monde. Un outil développé en collaboration avec les européens Nokia et Siemens. Selon plusieurs experts iraniens, il permettrait de tracer les émetteurs de mails et de tweet, d'identifier les visiteurs de n'importe quel site basé en Iran. Une quasi omniscience qui pousse les opposants iraniens à la paranoïa. D'autant que, depuis fin décembre, les conduites subversives sur le web sont devenus des délits condamnables juridiquement. C'est en fait une loi votée en 2008 dont les détails ont été précisés : sont interdits tous sites ayant des contenus « contraires à la morale sociale », « contraires aux valeurs religieuses », « contraires à la sécurité et la paix sociale », « hostiles aux responsables et aux organes gouvernementaux », et évidemment, les sites expliquant comment contourner les interdictions ou les systèmes de filtrage. Des parades existent pour celui qui veut contourner la loi, comme masquer son adresse IP ou utiliser des anti-filtres. Mais la perspective d'une peine de mort pour avoir surfé sur un site interdit a de quoi dissuader.
Pour traquer les opposants sur la Toile et bloquer les sites qui le dérange, le gouvernement iranien dispose d'un des systèmes les plus élaborés au monde. Un outil développé en collaboration avec les européens Nokia et Siemens. Selon plusieurs experts iraniens, il permettrait de tracer les émetteurs de mails et de tweet, d'identifier les visiteurs de n'importe quel site basé en Iran. Une quasi omniscience qui pousse les opposants iraniens à la paranoïa. D'autant que, depuis fin décembre, les conduites subversives sur le web sont devenus des délits condamnables juridiquement. C'est en fait une loi votée en 2008 dont les détails ont été précisés : sont interdits tous sites ayant des contenus « contraires à la morale sociale », « contraires aux valeurs religieuses », « contraires à la sécurité et la paix sociale », « hostiles aux responsables et aux organes gouvernementaux », et évidemment, les sites expliquant comment contourner les interdictions ou les systèmes de filtrage. Des parades existent pour celui qui veut contourner la loi, comme masquer son adresse IP ou utiliser des anti-filtres. Mais la perspective d'une peine de mort pour avoir surfé sur un site interdit a de quoi dissuader.
Internet se retourne contre les opposants
Un site de la police iranienne publie des photos des manifestants. On y incite à dénoncer par téléphone les connaissances reconnus sur les clichés. Les agents du gouvernement ont aussi pris d'assaut Twitter pour poster de fausses informations sur les manifestations. Et mi décembre, une mystérieuse « cyber-armée iranienne » avait attaqué Twitter. Lorsqu'ils tentaient de se connecter sur le site de micro-blogging, les internautes étaient redirigés vers un autre site web. Un message en farsi, la langue persane, y annonçait : « Au nom de Dieu, ceci est la réaction d'un Iranien aux ingérences, ordonnées par les autorités américaines, commises par Twitter dans mon pays ». Maintenant que les deux camps jouent avec les mêmes armes, la cyber-guerre ne fait peut-être que commencer.
Un site de la police iranienne publie des photos des manifestants. On y incite à dénoncer par téléphone les connaissances reconnus sur les clichés. Les agents du gouvernement ont aussi pris d'assaut Twitter pour poster de fausses informations sur les manifestations. Et mi décembre, une mystérieuse « cyber-armée iranienne » avait attaqué Twitter. Lorsqu'ils tentaient de se connecter sur le site de micro-blogging, les internautes étaient redirigés vers un autre site web. Un message en farsi, la langue persane, y annonçait : « Au nom de Dieu, ceci est la réaction d'un Iranien aux ingérences, ordonnées par les autorités américaines, commises par Twitter dans mon pays ». Maintenant que les deux camps jouent avec les mêmes armes, la cyber-guerre ne fait peut-être que commencer.





















Antoine Dupin : « En Iran, il y a eu un formidable relais de la part de la population »
