Une vidéo sur la nouvelle chanson, "Kim Jong Il est immortel comme le soleil"; une dépêche à propos de la sortie du film "Nous tiendrons le Grand Leader Kim Jong Il en haute estime à travers les générations", quatrième partie du documentaire "Le Grand Leader Kim Jong Il vivra pour toujours". Sur le site de la Korean Central News Agency, le contenu des informations est à l’image des principales rubriques : "Activités de Kim Jong Un", "Activités de Kim Jong Il", "Travaux de Kim Il Sung", "Travaux de Kim Jong Il", "Mémoires de Kim Il Sung". Du grand-père fondateur au petit-fils successeur, les trois membres de la seule dynastie communiste au monde occupent une place de premier choix dans l’information nationale. Même degré d’insolence du côté du Rodong Sinmun (Journal des travailleurs): le site web du principal quotidien national et organe du parti au pouvoir affiche les activités du leader suprême en thème de sa première rubrique. Avec une interface au style furieusement Windows 95, le site officiel Naenara propose une présentation générale du pays en plusieurs langues dont le français. Les amateurs de technologie auront beau cliquer sur la photo de matériel informatique dans l’onglet "commerce extérieur ", rien à acheter : un lien Potemkine en quelque-sorte !
Vidéo. "Kim Jong Il est immortel comme le soleil" : clip de propagande à la télévision nord-coréenne.
Vidéo. "Kim Jong Il est immortel comme le soleil" : clip de propagande à la télévision nord-coréenne.
Connexions depuis le territoire national
Si la propagande du régime reposait auparavant sur des sites ou des serveurs basés à l’étranger, Reporters sans Frontières (RSF) relève un intérêt croissant de la dictature pour Internet. Dans un rapport de 2011 intitulé "Corée du Nord – Au frontières de la censure ", l’association relève que de nombreux noms de domaines en ".kp" (domaine nord-coréen) ont été enregistrés depuis 2010. Ainsi le régime a-t-il rapatrié sa communication. North Korea Tech propose une liste des sites basés en Corée du Nord, ainsi que des sites étrangers proches du régime. "Uriminzokkiri" (« Notre nation), en plus d’être le nom d’un des plus importants sites de propagande du régime, est le pseudo qu’il utilise sur Twitter, Youtube ou Facebook. Officiellement, Uriminzokkiri est le site d’un Comité pour une réunification pacifique (des deux Corées) mais la nature des informations délivrées ne laisse guère de doute sur sa vraie nature. Le rapport 2011 de RSF sur Les ennemis d'internet, relevant par exemple une vidéo dans laquelle un ministre sud-coréen est qualifié de "chien servile" des États-Unis, voit dans cette présence sur les réseaux sociaux un nouvel aspect de la guerre du régime de Pyongyang contre la Corée du Sud et l’Occident.
Le fascisme des autres
Si la recherche du mot "famine " ne donne aucun résultat sur le site du Rodong Sinmun, les mots "concentration camp" renvoient vers un article, dans lequel on peut apprendre qu’aujourd’hui, "Les États-Unis sont le seul pays qui a des prisons secrètes comme les camps de concentration nazis". Rien évidemment sur les immenses goulags nords-coréens, dont témoignages et photos satellites attestent de l'existence. Les peines s'y purgent en famille, et ils fonctionnent pourtant plus que jamais. La recherche du nom du plus grand d'entre eux "Yodok", ne donne aucun résultat. Les mots clé "Human rights" sont plus fructueux : de nombreux articles ne manquent pas de signaler que les droits de l’Homme sont violés par la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon et autres pays aux "lois fascistes"… Ce retournement de discours est une technique récurrente du journalisme à la nord-coréenne. Ainsi RSF rapporte que dans ce pays dépourvu de toute libre information, la thématique des médias ou la liberté d’expression sont des sujets régulièrement abordés par les médias du régime… pour en dénoncer les atteintes par la Corée du Sud. Ainsi a été mis en ligne sur Youtube un documentaire présenté comme d’origine nord-coréenne. Intitulé "Propaganda ", il prétend mettre à jour la propagande qui régnerait dans les pays occidentaux. Entre autres images de cette propagande, les meetings présidentiels américains ou les célébrations autour de la couronne britannique paraissent pourtant bien fades, comparées aux images de lamentations publiques que diffuse la République populaire démocratique (sic) de Corée lorsqu’elle perd un de ses dirigeants.
Vidéo. Commémoration de la mort de Kim Jong Il, une année après sa disparition. Vidéo postée par le compte Youtube officiel Uriminzokkiri. Si le deuxième leader nord-coréen est né en Sibérie, l'histoire officielle lui fait voir le jour sur le Mont sacré Paektu, arrivée saluée par un arc-en-ciel et une nouvelle étoile dans le ciel.
Si la recherche du mot "famine " ne donne aucun résultat sur le site du Rodong Sinmun, les mots "concentration camp" renvoient vers un article, dans lequel on peut apprendre qu’aujourd’hui, "Les États-Unis sont le seul pays qui a des prisons secrètes comme les camps de concentration nazis". Rien évidemment sur les immenses goulags nords-coréens, dont témoignages et photos satellites attestent de l'existence. Les peines s'y purgent en famille, et ils fonctionnent pourtant plus que jamais. La recherche du nom du plus grand d'entre eux "Yodok", ne donne aucun résultat. Les mots clé "Human rights" sont plus fructueux : de nombreux articles ne manquent pas de signaler que les droits de l’Homme sont violés par la Corée du Sud, les États-Unis, le Japon et autres pays aux "lois fascistes"… Ce retournement de discours est une technique récurrente du journalisme à la nord-coréenne. Ainsi RSF rapporte que dans ce pays dépourvu de toute libre information, la thématique des médias ou la liberté d’expression sont des sujets régulièrement abordés par les médias du régime… pour en dénoncer les atteintes par la Corée du Sud. Ainsi a été mis en ligne sur Youtube un documentaire présenté comme d’origine nord-coréenne. Intitulé "Propaganda ", il prétend mettre à jour la propagande qui régnerait dans les pays occidentaux. Entre autres images de cette propagande, les meetings présidentiels américains ou les célébrations autour de la couronne britannique paraissent pourtant bien fades, comparées aux images de lamentations publiques que diffuse la République populaire démocratique (sic) de Corée lorsqu’elle perd un de ses dirigeants.
Vidéo. Commémoration de la mort de Kim Jong Il, une année après sa disparition. Vidéo postée par le compte Youtube officiel Uriminzokkiri. Si le deuxième leader nord-coréen est né en Sibérie, l'histoire officielle lui fait voir le jour sur le Mont sacré Paektu, arrivée saluée par un arc-en-ciel et une nouvelle étoile dans le ciel.
Une culture numérique embryonnaire
L’accès au World Wide Web est réservé à une infime minorité de très hauts placés du régime et de proches de la dynastie Kim. Une minorité un peu plus large a accès à un Intranet limité : messagerie, sites Internet du régime, contenus de bibliothèques du pays. Cela n’était pas vrai il y a quelques années, même si la Corée du Nord demeure un des pays les plus hermétiques du classement de RSF. En janvier 2011, un article du Monde diplomatique soulignait un éveil de la société nord-coréenne, avec un équipement faible mais croissant de la population en matériel informatique ou téléphones portables, certes encore apanage des couches les plus favorisées. Le réseau téléphonique ne permet pas de communications avec l’extérieur, et il reste dangereux de tenter de capter des radios ou télévisions étrangères, mais les échanges illégaux de biens culturels depuis la frontière chinoise amorcent une lente et progressive ouverture des nords-coréens à la culture extérieure. Certes avec un train de retard sur Kim Jong-Il et Kim Jong-Un, depuis longtemps amateurs de culture occidentale. La plupart des jeunes citadins auraient déjà vu des séries illégalement importées, et ces dernières seraient grandement populaires auprès d’une population trop accoutumée à logorrhée idéologico-ubuesque des médias officiels.
Guerre numérique
Plus de 1000 adresses IP attribuées à la Corée du Nord seraient désormais utilisées. La simple présence du régime sur la toile suppose un accès à celle-ci de la part des membres des services concernés, au moins dans un cadre professionnel et surveillé. Le régime entretiendrait même dans la banlieue de Pyongyang un bataillon de hackers professionnels, recrutés depuis le plus jeune âge, et responsables d’attaques informatiques à l’encontre de sites Internet du sud de la péninsule. Si les "ennemis d’Internet" se trouvent naturellement parmi les derniers pays totalitaires de la planète, la Corée du Sud figure également dans le rapport de RSF, au chapitre des "pays sous surveillance". Aux cotés de la France, notamment. Il est reproché au régime du Sud de pratiquer une censure, notamment de l’Internet nord-coréen, en réaction aux pratiques du nord.
Vidéo. Mise en scène de propagande à l'attention des internautes occidentaux, témoignage sur la qualité de vie d'une jeune nord-coréenne.
Plus de 1000 adresses IP attribuées à la Corée du Nord seraient désormais utilisées. La simple présence du régime sur la toile suppose un accès à celle-ci de la part des membres des services concernés, au moins dans un cadre professionnel et surveillé. Le régime entretiendrait même dans la banlieue de Pyongyang un bataillon de hackers professionnels, recrutés depuis le plus jeune âge, et responsables d’attaques informatiques à l’encontre de sites Internet du sud de la péninsule. Si les "ennemis d’Internet" se trouvent naturellement parmi les derniers pays totalitaires de la planète, la Corée du Sud figure également dans le rapport de RSF, au chapitre des "pays sous surveillance". Aux cotés de la France, notamment. Il est reproché au régime du Sud de pratiquer une censure, notamment de l’Internet nord-coréen, en réaction aux pratiques du nord.
Vidéo. Mise en scène de propagande à l'attention des internautes occidentaux, témoignage sur la qualité de vie d'une jeune nord-coréenne.
Dans ce pays où, même sous le jeune Kim Jong-Un, s’informer librement constitue un danger de mort, la présence nord-coréenne sur le web ne semble pas préfigurer une volonté d’en développer un accès plus large à la population. Les sites ouverts pas le régime sont destinés au reste du monde.


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Place Gre'Net, un "Mediapart" à Grenoble







