Comment ce site Internet a-t-il été créé ? Avec quelles volontés ?
Le site Internet est né d'une volonté de créer une revue papier. Il y a eu une recherche de financements pour lancer cette revue, mais cela ne s’est pas fait. De là, est venue l’idée de créer un site Internet dans la continuité de ce projet. Le site a été créé en 2006-2007. Il a vraiment commencé en 2008, quand un journaliste a pris un congé pour se consacrer à son lancement.
Nous avons voulu créer un site sur les questions environnementales et sociales, en ayant un traitement un peu différent, notamment en les mélangeant et en les traitant de manière transversale pour les décloisonner.
Le site Internet est né d'une volonté de créer une revue papier. Il y a eu une recherche de financements pour lancer cette revue, mais cela ne s’est pas fait. De là, est venue l’idée de créer un site Internet dans la continuité de ce projet. Le site a été créé en 2006-2007. Il a vraiment commencé en 2008, quand un journaliste a pris un congé pour se consacrer à son lancement.
Nous avons voulu créer un site sur les questions environnementales et sociales, en ayant un traitement un peu différent, notamment en les mélangeant et en les traitant de manière transversale pour les décloisonner.
Qu’est-ce que pour vous "développer une information alternative" ?
Nous essayons d’avoir des articles qui ont une durée de vie beaucoup plus importante que les articles qu’on trouve sur Internet qui émergent parce qu’il y a un événement particulier. Nous essayons d’être sur du traitement de fond sans nous contenter d’effleurer le sujet. Il y a un travail d’approfondissement, de décryptage, d’investigation, pour ne pas faire le même traitement médiatique que d’autres médias. Pour nous, le côté alternatif c'est : ne pas se contenter d’évidences, aller creuser et essayer de comprendre le fond des sujets. Nous privilégions beaucoup les enquêtes et les reportages.
Nous avons des sources différentes de la presse traditionnelle, notamment les expertises d’ONG, ou les acteurs des mouvements sociaux. L’information alternative a aussi pour visée d’opérer des prises de conscience, de mettre des événements et des analyses en perspective, d’offrir un regard différent et décalé. Nous voulons offrir des débouchés concrets au lecteur, ne pas être dans l’analyse catastrophique, mais proposer des alternatives, des présentations d’initiatives par exemple, des contacts qui vont l’aider à dépasser cette prise de conscience et à passer, peut-être, à l’action.
Nous essayons d’avoir des articles qui ont une durée de vie beaucoup plus importante que les articles qu’on trouve sur Internet qui émergent parce qu’il y a un événement particulier. Nous essayons d’être sur du traitement de fond sans nous contenter d’effleurer le sujet. Il y a un travail d’approfondissement, de décryptage, d’investigation, pour ne pas faire le même traitement médiatique que d’autres médias. Pour nous, le côté alternatif c'est : ne pas se contenter d’évidences, aller creuser et essayer de comprendre le fond des sujets. Nous privilégions beaucoup les enquêtes et les reportages.
Nous avons des sources différentes de la presse traditionnelle, notamment les expertises d’ONG, ou les acteurs des mouvements sociaux. L’information alternative a aussi pour visée d’opérer des prises de conscience, de mettre des événements et des analyses en perspective, d’offrir un regard différent et décalé. Nous voulons offrir des débouchés concrets au lecteur, ne pas être dans l’analyse catastrophique, mais proposer des alternatives, des présentations d’initiatives par exemple, des contacts qui vont l’aider à dépasser cette prise de conscience et à passer, peut-être, à l’action.
Est-ce que vous vous considérez comme un média engagé ?
Oui. Nous sommes reconnus comme média au sens journalistique, avec nos enquêtes qui sont fouillées, etc. Nous avons un regard engagé car notre production journalistique se rapproche parfois du contenu des sites associatifs ou syndicaux. Ce n'est pas un regard partisan : on ne va pas appeler à voter pour untel ou untel, ni dire aux gens ce qu’ils ont à faire ou doivent penser. Nous sommes dans le rôle de décryptage, pas dans celui du prescripteur.
Oui. Nous sommes reconnus comme média au sens journalistique, avec nos enquêtes qui sont fouillées, etc. Nous avons un regard engagé car notre production journalistique se rapproche parfois du contenu des sites associatifs ou syndicaux. Ce n'est pas un regard partisan : on ne va pas appeler à voter pour untel ou untel, ni dire aux gens ce qu’ils ont à faire ou doivent penser. Nous sommes dans le rôle de décryptage, pas dans celui du prescripteur.
"Les articles sont beaucoup diffusés de manière virale"
Est-ce qu’aujourd’hui un média engagé en ligne a plus de poids qu’un journal papier engagé selon vous ?
Je pense que c’est complémentaire. Internet permet de toucher des gens qui ne sont pas forcément sensibilisés aux thématiques de Basta !. Les articles sont beaucoup diffusés de manière virale, notamment par les réseaux sociaux, par e-mail. Des lecteurs qui ne lisent pas ce genre d'analyses dans la presse papier peuvent ainsi être amenés à nous lire.
Tous nos contenus sont en accès libre sur notre site et l'avantage d'Internet c'est que l'on peut garder un historique de nos articles, avoir un espace de ressources avec différentes analyses sur un même thème. Il est donc important que nos articles ne soient pas forcément en réaction avec l’actu chaude, pour qu'ils aient une longue durée de vie et soient consultés par des lecteurs plusieurs années plus tard.
Je pense que c’est complémentaire. Internet permet de toucher des gens qui ne sont pas forcément sensibilisés aux thématiques de Basta !. Les articles sont beaucoup diffusés de manière virale, notamment par les réseaux sociaux, par e-mail. Des lecteurs qui ne lisent pas ce genre d'analyses dans la presse papier peuvent ainsi être amenés à nous lire.
Tous nos contenus sont en accès libre sur notre site et l'avantage d'Internet c'est que l'on peut garder un historique de nos articles, avoir un espace de ressources avec différentes analyses sur un même thème. Il est donc important que nos articles ne soient pas forcément en réaction avec l’actu chaude, pour qu'ils aient une longue durée de vie et soient consultés par des lecteurs plusieurs années plus tard.
Vos noms de rubriques ("résister", "inventer", etc.) sont originaux, comment ce choix s’est-il fait ?
Le choix découlait d’une volonté de décloisonnement, comme par exemple entre les questions écologistes et questions sociales. Un sujet sur l'environnement peut avoir des impacts sur l'humain et pourra poser des questions sociales. On voulait casser un peu les rubriques habituelles.
N’y-a-t-il pas des difficultés à ranger certains articles ?
Non, c’est assez logique et cela fonctionne plutôt bien. Certains articles pourraient aller dans deux rubriques, alors nous faisons parfois un choix subjectif. Les articles sur des initiatives vont dans la rubrique "inventer"; "rencontrer" ce sont des portraits ou des interviews; "approfondir" pour le décryptage en profondeur; "informer" ce sont des sujets en réaction à l'actualité… Certaines rubriques accuillent des chroniques ou des débats. Elles permettent l’expression de points de vue qui ne sont pas forcément ceux des journalistes de Basta, mais des débats qu’il nous semble intéressant d’amorcer.
Le choix découlait d’une volonté de décloisonnement, comme par exemple entre les questions écologistes et questions sociales. Un sujet sur l'environnement peut avoir des impacts sur l'humain et pourra poser des questions sociales. On voulait casser un peu les rubriques habituelles.
N’y-a-t-il pas des difficultés à ranger certains articles ?
Non, c’est assez logique et cela fonctionne plutôt bien. Certains articles pourraient aller dans deux rubriques, alors nous faisons parfois un choix subjectif. Les articles sur des initiatives vont dans la rubrique "inventer"; "rencontrer" ce sont des portraits ou des interviews; "approfondir" pour le décryptage en profondeur; "informer" ce sont des sujets en réaction à l'actualité… Certaines rubriques accuillent des chroniques ou des débats. Elles permettent l’expression de points de vue qui ne sont pas forcément ceux des journalistes de Basta, mais des débats qu’il nous semble intéressant d’amorcer.
"On est indépendant grâce à notre diversité de financements"
Comment le site est-il financé ?
Une partie des financements repose sur des fondations privées, comme Un monde par tous ou Une terre humaine. Une autre partie des fonds est publique, notamment avec le Conseil général d’Ile-de-France et le Fonds d’aide à la presse en ligne. La troisième source de financement, ce sont nos fonds propres, à la fois des dons des lecteurs, qui augmentent de plus en plus, et les prestations de l’équipe salariée. Nous faisons des créations de sites webs, de l’animation de colloques, des vidéos, pour le secteur associatif et syndical.
Une partie des financements repose sur des fondations privées, comme Un monde par tous ou Une terre humaine. Une autre partie des fonds est publique, notamment avec le Conseil général d’Ile-de-France et le Fonds d’aide à la presse en ligne. La troisième source de financement, ce sont nos fonds propres, à la fois des dons des lecteurs, qui augmentent de plus en plus, et les prestations de l’équipe salariée. Nous faisons des créations de sites webs, de l’animation de colloques, des vidéos, pour le secteur associatif et syndical.
Gardez-vous votre indépendance ?
Nous choisissons les sujets et les angles qu’on a envie de traiter; il n’y a aucune pression extérieure. Nous sommes indépendants grâce à notre diversité de financements qui est suffisamment importante pour que l’on ne dépende pas d’un seul financeur. L'indépendance financière sera totale le jour où nos propres financements serviront à payer les salaires. L’idéal serait d’être entièrement financé par les dons des lecteurs.
Nous choisissons les sujets et les angles qu’on a envie de traiter; il n’y a aucune pression extérieure. Nous sommes indépendants grâce à notre diversité de financements qui est suffisamment importante pour que l’on ne dépende pas d’un seul financeur. L'indépendance financière sera totale le jour où nos propres financements serviront à payer les salaires. L’idéal serait d’être entièrement financé par les dons des lecteurs.
"Une refonte du site Internet au printemps prochain"
Quel bilan pouvez-vous faire de votre développement depuis la création du site ?
On a un très gros développement du site avec une audience qui double quasiment tous les ans : on était à 70 000 visites mensuelles en janvier 2011, en janvier 2012, on était vers 200 000, en novembre 2012 on va être à 300 000. Pour nous, c’est vraiment le signe qu'il y a une attente et un besoin de développer ce type de média proposant un regard différent, alternatif, sur l’actualité.
Nous sommes actuellement quatre journalistes à travailler pour Basta !, deux à temps plein à Paris et deux à mi-temps à Rennes et en Rhône-Alpes. Nous assurons à peu près un gros article par jour, mais nous sommes en surrégime pour faire fonctionner le site. Dans l’idéal il faudrait qu’on réussisse à trouver l’argent pour développer l’équipe.
La question du modèle économique n’est pas encore totalement stabilisée; nous inventons année après année les choses pour pouvoir boucler le budget et se développer. On voudrait trouver un modèle économique pérenne. Pour l’instant, nous avons fait le choix de ne pas avoir de publicité parce que nous ne voulions pas être dans une logique du clic, de l’audimat à tout prix. Et passer à un modèle payant ne serait pas pertinent pour nous qui sommes dans une logique de libre circulation de nos articles.
On a un très gros développement du site avec une audience qui double quasiment tous les ans : on était à 70 000 visites mensuelles en janvier 2011, en janvier 2012, on était vers 200 000, en novembre 2012 on va être à 300 000. Pour nous, c’est vraiment le signe qu'il y a une attente et un besoin de développer ce type de média proposant un regard différent, alternatif, sur l’actualité.
Nous sommes actuellement quatre journalistes à travailler pour Basta !, deux à temps plein à Paris et deux à mi-temps à Rennes et en Rhône-Alpes. Nous assurons à peu près un gros article par jour, mais nous sommes en surrégime pour faire fonctionner le site. Dans l’idéal il faudrait qu’on réussisse à trouver l’argent pour développer l’équipe.
La question du modèle économique n’est pas encore totalement stabilisée; nous inventons année après année les choses pour pouvoir boucler le budget et se développer. On voudrait trouver un modèle économique pérenne. Pour l’instant, nous avons fait le choix de ne pas avoir de publicité parce que nous ne voulions pas être dans une logique du clic, de l’audimat à tout prix. Et passer à un modèle payant ne serait pas pertinent pour nous qui sommes dans une logique de libre circulation de nos articles.
Y-a-t-il des projets en cours pour l’avenir du site ? Pensez-vous vous orienter un jour vers le webdocumentaire ou le datajournalisme ?
Nous allons faire une refonte du site Internet au printemps prochain, basée sur notre bilan de 3 ans de fonctionnement. La participation des lecteurs sera l'un des grands axes de travail. Aujourd’hui il y a des commentaires qui sont ouverts, mais cette participation n’est pas encore optimum. On peut encore réfléchir à comment associer au mieux les lecteurs pour qu’il y ait un lien plus fort. Nous avons lancé il y a quelques semaines une page spéciale sur l’actualité du droit au logement, en partenariat avec plusieurs organisations; c’est le type de projet que l’on veut développer en ayant des expertises sur certains domaines.
Le datajournalisme demande du temps et des compétences techniques dans lesquelles il faudrait investir, ce qui n'est pas envisageable pour nous. Nous n'excluons pas de développer des projets de webdocumentaire, nous y réfléchissons. Nous ne faisons pas pas autant de vidéos qu'on aimerait, car c'est chronophage. On revient toujours à la même question des moyens économiques pour chaque développement.
Nous allons faire une refonte du site Internet au printemps prochain, basée sur notre bilan de 3 ans de fonctionnement. La participation des lecteurs sera l'un des grands axes de travail. Aujourd’hui il y a des commentaires qui sont ouverts, mais cette participation n’est pas encore optimum. On peut encore réfléchir à comment associer au mieux les lecteurs pour qu’il y ait un lien plus fort. Nous avons lancé il y a quelques semaines une page spéciale sur l’actualité du droit au logement, en partenariat avec plusieurs organisations; c’est le type de projet que l’on veut développer en ayant des expertises sur certains domaines.
Le datajournalisme demande du temps et des compétences techniques dans lesquelles il faudrait investir, ce qui n'est pas envisageable pour nous. Nous n'excluons pas de développer des projets de webdocumentaire, nous y réfléchissons. Nous ne faisons pas pas autant de vidéos qu'on aimerait, car c'est chronophage. On revient toujours à la même question des moyens économiques pour chaque développement.


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