Rue89, l'info à trois voix
Rue89, sortir du clivage journalistes-internautes-experts.
Parti faire sa troisième année de géographie au Brésil, Fanch Ruellan a découvert Rue89 par hasard au mois de juin dernier. L'idée de publier un article sur un site d'info alternatif lui trottait dans la tête depuis un petit moment. "Mais je ne trouvais rien qui me plaisait. Des sites comme Indymedia manquent de professionnalisme", explique-t-il. C'est justement ce professionnalisme que l'étudiant va trouver et apprécier dans le concept de Rue89.
Ouvert le 6 mai par d'anciens journalistes de Libération, ce nouveau média propose à ses lecteurs de participer à la fabrication de l'information. "On part du principe que les internautes ont une capacité d'observation et d'analyse. Qu'ils peuvent être plus calés que nous sur certains sujets et qu'ils ont ainsi beaucoup à nous apporter en matière d'information, ne serait-ce que pour l'enrichir", affirme Julien Martin, journaliste à Rue 89. L'idée: sortir du clivage "journaliste, internautes, experts" pour produire une information à trois voix.
"C'est ça qui est intéressant, réagit Fanch Ruellan, cette idée que l'info ne vient pas d'une élite, que chacun peut, grâce à ses capacités d'observation et d'analyse, produire de l'information. Sur le sujet que j'ai traité, un journaliste débarqué pour trois jours n'aurait certainement pas perçu les mêmes choses que moi qui ai passé un an sur place."
De son côté, l'étudiant savait que son article allait être relu et corrigé, notamment sur la forme, par des journalistes professionnels, et ses sources vérifiées. "La version publiée est mieux que celle que j'avais envoyée", admet-il.
Ouvert le 6 mai par d'anciens journalistes de Libération, ce nouveau média propose à ses lecteurs de participer à la fabrication de l'information. "On part du principe que les internautes ont une capacité d'observation et d'analyse. Qu'ils peuvent être plus calés que nous sur certains sujets et qu'ils ont ainsi beaucoup à nous apporter en matière d'information, ne serait-ce que pour l'enrichir", affirme Julien Martin, journaliste à Rue 89. L'idée: sortir du clivage "journaliste, internautes, experts" pour produire une information à trois voix.
"C'est ça qui est intéressant, réagit Fanch Ruellan, cette idée que l'info ne vient pas d'une élite, que chacun peut, grâce à ses capacités d'observation et d'analyse, produire de l'information. Sur le sujet que j'ai traité, un journaliste débarqué pour trois jours n'aurait certainement pas perçu les mêmes choses que moi qui ai passé un an sur place."
De son côté, l'étudiant savait que son article allait être relu et corrigé, notamment sur la forme, par des journalistes professionnels, et ses sources vérifiées. "La version publiée est mieux que celle que j'avais envoyée", admet-il.
Le post, 3000 inscrits en deux mois
Le Post, autoproclamé mix de l'info.
LePost.fr, ouvert il y a moins de deux mois par une équipe du Monde Interactif, se targue aujourd'hui de dépasser Rue89 en nombre de visiteurs. Selon l'un de ses responsables, Benoît Raphaël, c'est en partie dû à la liberté de participation accordée aux Internautes.
Les commentaires sont libres à tous, inscrits ou non. Pour les 3000 inscrits, la possibilité de participer à la production de l'information est accrue. Blog personnel avec vidéo, podcast, images et texte, participation à des animations fantaisistes comme l'actubulle : le site se veut avant tout un laboratoire d'idées pour les nouveaux médias. "Chacun se crée son propre média à travers le média.", selon Benoît Raphaël. La modération est effectuée a posteriori par une équipe du Monde Interactif et une société sous-traitante, et porte essentiellement sur le respect de la loi sur l'information sensible et de la charte interne du Post.fr
Pour les meilleurs posts, un "coach" se charge de prendre contact avec l'auteur pour lui proposer une mise en avant de son article. Il est alors retravaillé par le journaliste, reformulé, et posté en Une du site. Une mention spéciale de la rédaction est décernée au post retenu.
Pour Benoît Raphaël, l'idée est de "coller au plus proche de la vie des gens." Le rédacteur-en-chef considère que "l'idée de revenir à des sites sans participation n'est pas une bonne chose. On dit parfois que les commentaires sont inintéressants, mais c'est là qu'on peut tirer des témoignages. Cette expérience enrichit l'info, pour peu qu'elle soit un peu retravaillée, reformulée. Qu'elle soit parfois exprimée de façon maladroite ne rend pas une opinion moins intéressante."
Les commentaires sont libres à tous, inscrits ou non. Pour les 3000 inscrits, la possibilité de participer à la production de l'information est accrue. Blog personnel avec vidéo, podcast, images et texte, participation à des animations fantaisistes comme l'actubulle : le site se veut avant tout un laboratoire d'idées pour les nouveaux médias. "Chacun se crée son propre média à travers le média.", selon Benoît Raphaël. La modération est effectuée a posteriori par une équipe du Monde Interactif et une société sous-traitante, et porte essentiellement sur le respect de la loi sur l'information sensible et de la charte interne du Post.fr
Pour les meilleurs posts, un "coach" se charge de prendre contact avec l'auteur pour lui proposer une mise en avant de son article. Il est alors retravaillé par le journaliste, reformulé, et posté en Une du site. Une mention spéciale de la rédaction est décernée au post retenu.
Pour Benoît Raphaël, l'idée est de "coller au plus proche de la vie des gens." Le rédacteur-en-chef considère que "l'idée de revenir à des sites sans participation n'est pas une bonne chose. On dit parfois que les commentaires sont inintéressants, mais c'est là qu'on peut tirer des témoignages. Cette expérience enrichit l'info, pour peu qu'elle soit un peu retravaillée, reformulée. Qu'elle soit parfois exprimée de façon maladroite ne rend pas une opinion moins intéressante."
Le Contre journal, un espace de débat
Le Contre journal,
"Le Contre journal, c'est plus un espace dédié au débat qu'à l'info", explique Karl Laske, journaliste au service société du journal Libération et responsable du site. L'idée: faire débattre les internautes sur des sujets "occultés ou chassés de l'actualité".
En quoi ce site est-il participatif? "C'est nous qui prenons l'initiative de lancer le débat mais à partir de réflexions d'intellectuels, notamment d'universitaires. Nous nous appuyons sur le vivier d'écriture de blogs où le travail d'experts. L'action de l'internaute intervient donc à la base." Dans certains cas, ce sont les internautes qui envoient directement leur analyse par mail. Les professionnels du Contre journal jugent alors si le sujet soumis est pertinent et contactent l'auteur de l'article. Mais la plupart du temps , les journalistes du site font eux même la démarche d'aller chercher, sur les blogs, l'info ou l'analyse inédite. Le texte est ensuite publié avec l'interview de son auteur, le tout soumis aux commentaires des lecteurs. "Ceux que nous publions ont déjà un espace d'expression sur le Net, un blog par exemple. Nous, nous contribuons à faire circuler leur débat", conclut Karl Laske.
En quoi ce site est-il participatif? "C'est nous qui prenons l'initiative de lancer le débat mais à partir de réflexions d'intellectuels, notamment d'universitaires. Nous nous appuyons sur le vivier d'écriture de blogs où le travail d'experts. L'action de l'internaute intervient donc à la base." Dans certains cas, ce sont les internautes qui envoient directement leur analyse par mail. Les professionnels du Contre journal jugent alors si le sujet soumis est pertinent et contactent l'auteur de l'article. Mais la plupart du temps , les journalistes du site font eux même la démarche d'aller chercher, sur les blogs, l'info ou l'analyse inédite. Le texte est ensuite publié avec l'interview de son auteur, le tout soumis aux commentaires des lecteurs. "Ceux que nous publions ont déjà un espace d'expression sur le Net, un blog par exemple. Nous, nous contribuons à faire circuler leur débat", conclut Karl Laske.
L'Atelier des médias exploite les réseaux sociaux
L'atelier des médias a misé sur l'approche collaborative.
Le projet est parti de Facebook, un outil de réseau social sur le web, où chacun peut créer son profil gratuitement. Philippe Couve, journaliste à RFI, a monté il y a moins d'un mois le groupe "Atelier des médias" sur Facebook. L'idée est de proposer aux internautes de participer à la création d'une émission hebdomadaire sur le thème des mutations en cours dans le monde des médias. Le programme est diffusé le week-end, à différentes heures selon la situation géographique de l'auditeur. Date de la première émission : le week-end du 27-28 octobre, mais des archives sont disponibles en ligne.
Pour participer, une solution : le site de l'Atelier des médias. Une simple inscription, gratuite, permet d'accéder aux fora de discussion sur les émissions à venir. La production des internautes se limite à la proposition de sujets, mais l'Atelier des médias a aussi développé un site communautaire. Construit autour de l'hébergeur de réseaux sociaux Ning, le site propose des vidéos, des podcasts, des images et des articles mis en site par les quelque 210 membres que compte l'Atelier.
L'originalité de l'expérience est sa diffusion par le biais des médias traditionnels. C'est le point mis en avant sur Facebook par Philippe Couve, le site restant pour l'instant un support de travail pour la communauté plus qu'un média à part entière.
Pour participer, une solution : le site de l'Atelier des médias. Une simple inscription, gratuite, permet d'accéder aux fora de discussion sur les émissions à venir. La production des internautes se limite à la proposition de sujets, mais l'Atelier des médias a aussi développé un site communautaire. Construit autour de l'hébergeur de réseaux sociaux Ning, le site propose des vidéos, des podcasts, des images et des articles mis en site par les quelque 210 membres que compte l'Atelier.
L'originalité de l'expérience est sa diffusion par le biais des médias traditionnels. C'est le point mis en avant sur Facebook par Philippe Couve, le site restant pour l'instant un support de travail pour la communauté plus qu'un média à part entière.


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