Quel était l'intérêt de votre travail sur l'Iran ?
C'était vraiment la mutation de l'information qui était intéressante. On est passé d'un cas où l'on avait de grands médias comme CNN et tout le reste, qui arrivaient sur place qui filmaient et puis on se devait de se contenter des images ce qui pouvait nous faire dire qu'il n'y a rien qui prouve qu'à tel endroit il se passe telle chose et la on arrive directement dans un cadre où c'est des témoins, des gens lambda qui dans la rue qui commencent à raconter ce qu'il s'y passe. En Iran il y a eu un formidable relais des gens avec un véritable engouement de la part des gens pour cette révolution. Ce truc, c'est un véritable feuilleton, il y avait de tout, de l'oppression, un tyran, du sang et des morts en direct. On avait véritablement l'impression d'être immergé dedans en se disant que si l'on faisait partager cette information avec ses camarades, cela allait changer les choses car les relais seront nombreux.
Le but de votre travail était-il de faire connaître ce problème au plus grand nombre ou bien était-ce une démarche engagée afin de faire connaître votre point de vue ?
C 'était plutôt une démarche pour faire connaître mon point de vue. Comme je vous l'ai dit, c'est le relais de l'information qui était intéressant. Mais il s'agissait aussi de savoir ce que ces informations pouvaient apporter. Il était pertinent d'étudier ce nouveau phénomène du journaliste citoyen en se demandant en quoi il pouvait changer la donne. Il faut savoir que CNN, n'avait par exemple pas le droit de rentrer en Iran. En Iran par contre, on a une véritable population qui témoigne. Il était donc important de se demander ce que cela pouvait apporter.
Relayer une information, ce n'est pas très pertinent, dans la mesure où tous les médias le font. Par contre le journalisme citoyen change notre manière de voir l'information.
Internet reste donc pour vous le principal outil de la Révolution Verte ?
Non, il y a une nuance. Internet, c'est plutôt l'outil qui a permis au monde occidental de voir qu'il y avait une révolte mais sur place je pense que le bouche à oreille a été beaucoup plus efficace qu'Internet. Grâce au web, les Occidentaux, les Asiatiques, les Africains ont pu voir ce qu'il se passait. De là à dire que, sur place , internet a aidé les Iraniens... j'en suis loin d'être sûr. Dans une révolution, on est plus dans un phénomène de bouche-à-oreille où l'on va s'organiser par petits groupes.
Que retiendrez-vous de votre étude ?
Je retiendrai surtout la façon dont on a consommé l'information, avec le recul après la Révolution iranienne. On a vu des gens qui suivaient, qui mettaient leur avatar en vert pour soutenir la Révolution. On a vu des gens qui tenaient compte des recommandations complètement fausse disant qu'il fallait se faire passer pour un iranien pour que les véritables iraniens aient moins de chances d'être inquiétés... Par contre, juste après, on a eu le cas des communautés turques qui se faisaient massacrer en Chine et on n'en a pas entendu parler, même si des gens s'y faisaient massacrer. Cela m'a vraiment choqué. A un moment donné, les gens se sont dit qu'il y avait la révolution en Iran et qu'il fallait continuer le mouvement. Puis, d'un seul coup, cela s'est arrêté, et il y a d'autres massacres à côté, d'autres gens qui meurent et plus de nouvelles. Même la Révolution iranienne a continué et on n'en a plus entendu parler sur les réseaux sociaux. Le neveu de Mussavi s'est fait tuer dans la rue, et personne n'a entendu parler de rien. Michael Jackson, lui, est mort, et ça, on en a entendu parler. C'est ça qui est semi-tragique, au final on reste devant la consommation d'information à laquelle on est habitué. On ne change pas du tout notre mode de fonctionnement par rapport à l'information. L'information ne fait plus vendre, donc on passe à autre chose, la mort d'un artiste par exemple...
L'information c'est beau, mais on reste sur notre fin, en simple spectateur, et on zappe. C'est notre façon de consommer l'information, et Internet ne change pas notre manière de la consommer. L'information est plus rapide mais pas plus pérenne. On est dans l'ère de l'information jetable.
Dans l'actualité, cette Révolution Verte, a t-elle été le fait marquant de 2009 pour vous ?
C'est sans contestes le fait marquant de 2009 pour les réseaux sociaux. Si vous allez voir les cinq premiers « trending topics », qui sont les choses dont on a le plus parlé, sur Twitter, ils concernent, aux trois premières places, l'Iran, derrière, c'est la Grippe A. Concernant le dossier iranien, les réseaux sociaux ont vraiment joué un rôle, ils ont apporté un plus. Cela a montré le potentiel d'Internet. En tant que relais d'informations locales.
C'était vraiment la mutation de l'information qui était intéressante. On est passé d'un cas où l'on avait de grands médias comme CNN et tout le reste, qui arrivaient sur place qui filmaient et puis on se devait de se contenter des images ce qui pouvait nous faire dire qu'il n'y a rien qui prouve qu'à tel endroit il se passe telle chose et la on arrive directement dans un cadre où c'est des témoins, des gens lambda qui dans la rue qui commencent à raconter ce qu'il s'y passe. En Iran il y a eu un formidable relais des gens avec un véritable engouement de la part des gens pour cette révolution. Ce truc, c'est un véritable feuilleton, il y avait de tout, de l'oppression, un tyran, du sang et des morts en direct. On avait véritablement l'impression d'être immergé dedans en se disant que si l'on faisait partager cette information avec ses camarades, cela allait changer les choses car les relais seront nombreux.
Le but de votre travail était-il de faire connaître ce problème au plus grand nombre ou bien était-ce une démarche engagée afin de faire connaître votre point de vue ?
C 'était plutôt une démarche pour faire connaître mon point de vue. Comme je vous l'ai dit, c'est le relais de l'information qui était intéressant. Mais il s'agissait aussi de savoir ce que ces informations pouvaient apporter. Il était pertinent d'étudier ce nouveau phénomène du journaliste citoyen en se demandant en quoi il pouvait changer la donne. Il faut savoir que CNN, n'avait par exemple pas le droit de rentrer en Iran. En Iran par contre, on a une véritable population qui témoigne. Il était donc important de se demander ce que cela pouvait apporter.
Relayer une information, ce n'est pas très pertinent, dans la mesure où tous les médias le font. Par contre le journalisme citoyen change notre manière de voir l'information.
Internet reste donc pour vous le principal outil de la Révolution Verte ?
Non, il y a une nuance. Internet, c'est plutôt l'outil qui a permis au monde occidental de voir qu'il y avait une révolte mais sur place je pense que le bouche à oreille a été beaucoup plus efficace qu'Internet. Grâce au web, les Occidentaux, les Asiatiques, les Africains ont pu voir ce qu'il se passait. De là à dire que, sur place , internet a aidé les Iraniens... j'en suis loin d'être sûr. Dans une révolution, on est plus dans un phénomène de bouche-à-oreille où l'on va s'organiser par petits groupes.
Que retiendrez-vous de votre étude ?
Je retiendrai surtout la façon dont on a consommé l'information, avec le recul après la Révolution iranienne. On a vu des gens qui suivaient, qui mettaient leur avatar en vert pour soutenir la Révolution. On a vu des gens qui tenaient compte des recommandations complètement fausse disant qu'il fallait se faire passer pour un iranien pour que les véritables iraniens aient moins de chances d'être inquiétés... Par contre, juste après, on a eu le cas des communautés turques qui se faisaient massacrer en Chine et on n'en a pas entendu parler, même si des gens s'y faisaient massacrer. Cela m'a vraiment choqué. A un moment donné, les gens se sont dit qu'il y avait la révolution en Iran et qu'il fallait continuer le mouvement. Puis, d'un seul coup, cela s'est arrêté, et il y a d'autres massacres à côté, d'autres gens qui meurent et plus de nouvelles. Même la Révolution iranienne a continué et on n'en a plus entendu parler sur les réseaux sociaux. Le neveu de Mussavi s'est fait tuer dans la rue, et personne n'a entendu parler de rien. Michael Jackson, lui, est mort, et ça, on en a entendu parler. C'est ça qui est semi-tragique, au final on reste devant la consommation d'information à laquelle on est habitué. On ne change pas du tout notre mode de fonctionnement par rapport à l'information. L'information ne fait plus vendre, donc on passe à autre chose, la mort d'un artiste par exemple...
L'information c'est beau, mais on reste sur notre fin, en simple spectateur, et on zappe. C'est notre façon de consommer l'information, et Internet ne change pas notre manière de la consommer. L'information est plus rapide mais pas plus pérenne. On est dans l'ère de l'information jetable.
Dans l'actualité, cette Révolution Verte, a t-elle été le fait marquant de 2009 pour vous ?
C'est sans contestes le fait marquant de 2009 pour les réseaux sociaux. Si vous allez voir les cinq premiers « trending topics », qui sont les choses dont on a le plus parlé, sur Twitter, ils concernent, aux trois premières places, l'Iran, derrière, c'est la Grippe A. Concernant le dossier iranien, les réseaux sociaux ont vraiment joué un rôle, ils ont apporté un plus. Cela a montré le potentiel d'Internet. En tant que relais d'informations locales.




















Internet fédère la diaspora iranienne
