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Angryjournalist : la face sombre du journalismeMarie-Charlotte Laudier
Mardi 25 Novembre 2008
Angryjournalist, littéralement « journaliste en colère »… Voilà un site Internet qui ne disparaîtra pas de sitôt. Lancé aux Etats-Unis en novembre dernier, Angryjournalist a déjà publié plus de 7 000 billets d’internautes.
Sur ce site, pas d’informations ni d'articles, seulement des billets postés par des journalistes en colère, qui se plaignent de leurs conditions de travail. Un exutoire pour les journalistes frustrés, sous couvert d’anonymat (ni nom, ni adresse e-mail ne sont exigées pour poster son humeur).
La démarche ressemble à celle de Viedemerde, un site où chacun peut raconter ses petit malheurs quotidiens, en général sur le ton de l’humour et de l’autodérision. Mais ne nous y trompons pas, Angryjournalist est un puissant révélateur du désarroi dans lequel se trouvent les rédacteurs, chroniqueurs et autres secrétaires de rédaction. En effet, à lire les posts publiés sur le site, plusieurs griefs sont récurrents : les conditions de travail avec leurs horaires insoutenables, les salaires plus que minimum et enfin l’apparition de la presse en ligne. L’arrivée d’Internet en tant que pourvoyeur d’informations a introduit un changement profond dans les rédactions. D’une part, la presse en ligne est l’une des causes de la chute de diffusion des médias traditionnels, impliquant des restrictions budgétaires qui se ressentent sur les salaires. D’autre part, elle nécessite une formation que n’ont pas forcément reçue les journalistes les plus anciens, lesquels se trouvent déboussolés. Par exemple, les articles en ligne doivent être agrémentés de vidéos et de sons. Il faut donc savoir manier, en plus de son stylo, caméra et magnétophone et avoir les compétences techniques pour mettre en ligne ces images et ces sons. Plus qu’un site où l’on raconte ses déboires, Angryjournalist est symptomatique d’une tendance lourde que subit le journalisme. Un avertissement à prendre au sérieux. Lu 754 fois
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