Adieu papier, bonjour Kindle

Rétrospective 2009


Nicolas Chigot
Mercredi 3 Février 2010

Cette année, un nouvel outil technologique est sorti sur le marché. Il pourrait bien mettre un terme aux éditions papier des journaux. Le Kindle, révolution ou gadget ?


Adieu papier, bonjour Kindle
7 octobre 2009, c’est une date qui est peut-être passée inaperçue pour le commun des mortels mais qui risque de marquer durablement la presse écrite. Elle correspond au lancement du Kindle d’Amazon dans une centaine de pays, dont la France.
Qu’est-ce donc que le Kindle ? C’est un e-reader. C'est-à-dire que c’est un lecteur semblable à un PDA (assistant numérique personnel), un peu plus grand qu’un livre avec un écran 6 pouces (15 cm). L’avantage ? Il offre une solution idéale pour tous ceux qui désirent partir en vacances avec l’intégralité de leur bibliothèque contenue dans une tablette de 9mm d’épaisseur. Elle peut en effet stocker jusqu’à 1.500 ouvrages dans sa mémoire de 2 gigas. L’autonomie promise par Amazon est de quatre jours. Pour tous ceux qui attrapent la migraine à force de lire sur leur écran d’ordinateur, ou qui doivent plisser les yeux pour deviner les lignes des livres téléchargés sur leur iPhone, c'est la fin du calvaire. Le Kindle utilise une technologie à base d’encre liquide qui offre un confort de lecture semblable à celui d’un livre imprimé.

Disponible depuis déjà plusieurs mois aux États-Unis, le Kindle est en train de changer les usages pour la consommation des livres. 10% d'entre eux se vendent désormais sur e-reader.
Acheter un ouvrage est devenu d’une simplicité enfantine. Relié au réseau 3G, comme un téléphone portable, le Kindle permet de télécharger un livre en moins d’une minute. Pour un coût bien moindre que pour une édition papier.

Des journaux numériques mis à jour en temps réel

L’atout supplémentaire du Kindle qui intéresse le monde de la presse, c’est qu’en plus des 250.000 ouvrages déjà disponibles au catalogue, l' e-reader permet aussi de télécharger des titres de presse. Les journaux américains ont sauté dans le train en marche et ont proposé des abonnements. On peut ainsi recevoir leurs éditions qui sont mises à jour en temps réel, pour avoir immédiatement connaissance de l’actualité chaude du jour. Un système où la réactivité des journalistes est mise en valeur.

Pour le moment, la plupart des titres de presse sont en anglais, tels que le New York Times ou Newsweek. En France, Le Monde et Les Échos sont pour l’instant les seuls à avoir tenté l’expérience. Ils offrent respectivement des abonnements pour 28 et 20 euros par mois. Un prix bien supérieur à l’abonnement sur la version papier, puisque les mises à jour en temps réel ont un coût.
Pour l’instant, le Kindle est réservé à un public d’initiés, essentiellement anglophones. Les journaux français restent pour le moment en retrait. Une nouvelle version est cependant attendue pour le début de l’année 2010. Baptisé Kindle DX, il a été élaboré à la demande des éditeurs de presse américains (le New York Times et le Washington Post). Il sera plus grand et donc plus adapté à la lecture des journaux électroniques.

Le Kindle est-il l’avenir des journaux ? Vont-ils tous êtres contraints de passer au numérique ? Jean-Paul Fritz, responsable du pôle média au Dauphiné Libéré, en est convaincu. « Dans 5 ou 10 ans, il est fort possible qu’on lise tous nos journaux sur ce type de lecteur. On sait qu’Apple prépare dans le plus grand secret son propre e-reader. Connaissant la firme californienne, il se peut que ça fasse très mal à sa sortie ». S’il rencontre le même engouement que l’iPhone, il se peut qu’il contraigne l’ensemble de la presse à s’adapter.

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Tags : kindle, mobile, outil


           

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